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Une double lignée! Un seul héritage!
HOMMAGE AU PROFESSEUR DORIA ROSS
Fondateur de la revue « Carriérologie »

par André Botteman, directeur adjoint



Les origines

En juin 1982, paraît le premier numéro de « La revue de l’information scolaire et professionnelle » (ISEP). Elle prend la relève de Profil-Isep dont le dernier numéro est daté de l’hiver 1980 (numéro 2 du volume 5). Profil-Isep est l’émanation de l’Association québécoise d’information scolaire et professionnelle. En septembre 1986, Doria Ross transforme la revue de l’ISEP et lui donne le nom de « Carriérologie » (numéro 2 du volume 3). Esprit curieux et novateur, préoccupé des problèmes d’orientation et d’insertion professionnelles, Doria Ross fait dire à un adolescent : « Y a-t-il une place pour moi ? Où y a-t-il une place pour moi ? Comment occuper la place qui me convient ?» (1982, p.9). La première démarche de l’adolescent consiste donc à s’informer. Dans l’article intitulé S’informer, c’est s’orienter (1982, p.34-37, Doria Ross déplore le procès d’intention fait aux documentalistes pour avoir introduit des préoccupations développementales, éducatives et psychologiques dans la communication de renseignements aux élèves. Or, l’orientation n’est-elle pas d’abord un processus qui appartient à l’élève (p.34) ? Les informations « objectives » émanant de l’environnement doivent être « investies de signification par le sujet ». « Subjectivées », elles méritent seulement, alors, d’être appelées « informations » (p.36).

Professeur de docimologie, il se préoccupe aussi du manque de fidélité et de validité de certains instruments d’orientation et dénonce, notamment, l’utilisation au Québec de certains inventaires d’intérêts importés des États-Unis sans adaptation préalable. Il se pose même la question de l’utilité des inventaires d’intérêts et s’étonne que la maturité des élèves ne soit pas suffisamment prise en compte par les professionnels de l’orientation (1982, p.47); Cf. 1999, p.5). Convaincu que les conceptions linéaires de l’orientation professionnelle ne sont plus de mises et qu’il faut aller plus loin, Doria Ross fait sienne l’idée de « développement de carrière » par le développement et la réalisation de la personne (1999, p.14). Et il distingue trois dimensions qui sont en fait la colonne vertébrale de la revue « Carriérologie » : « carriérologie, orientation et gestion des ressources humaines »(1999, p.7). Ainsi chacun de ces trois domaines ne peut se désintéresser des autres, même si chacun garde sa spécificité : la « carriérologie » trouve son fondement dans le développement et l’épanouissement des ressources humaines ; l’orientation garde son rôle de guide et de conseil dans le choix professionnel et la gestion des ressources humaines intègre la personne à l’entreprise et gère son parcours au sein de celle-ci.

Le souci de l’insertion professionnelle conduit aussi Doria Ross à s’intéresser à la création d’entreprises. Il ne s’agit pas de l’artisan qui crée son propre emploi mais bien de la création de nouvelles entreprises dont la société a besoin. Peut-on former des entrepreneurs comme on forme des gestionnaires ? Doria Ross estime, qu’avant de se lancer dans un programme d’éducation à l’entrepreneurship, il faut approfondir la recherche sur sa nature même (1993, p.51-73). Plus tard, il crée un logiciel qui prépare à l’entrepreneurship. Dans cette perspective, il déplore, lorsqu’une entreprise bat de l’aile, que l’on mette à sa tête un nouveau directeur du type « conventionnel » (selon la typologie RIASEC de Holland), alors qu’il lui faudrait un dirigeant du type « entreprenant ». Le premier administre provisoirement l’entreprise en attendant sa fermeture, alors que le second entreprend de la relancer !

Dans ses recherches concernant la gestion des ressources humaines, sa curiosité intellectuelle l’amène à s’intéresser aux travaux de l’Américain Ned Hermann sur les « dominances cérébrales » et leur intérêt pour la constitution d’équipes de travail.

Doria Ross a pris sa retraite à la fin de l’an 2000. Nous sommes heureux d’avoir pu collaborer avec lui pendant sept années. Au cours de celles-ci, nous avons pu apprécier sa pénétration d’esprit, sa capacité à déléguer, sa cordialité, son amitié et son esprit d’entreprise ou « entrepreneurship » ! Nous tenons à lui rendre hommage et à le remercier pour la revue « Carriérologie » qu’il nous laisse en héritage !

Articles de Doria Ross cités en références :
1982. Y a-t-il une place pour moi ? ISEP, vol.1, numéro 1, p. 6-9
1982. S’informer c’est s’orienter, ISEP, vol.1, numéro 1, p. 34-37.
1982. Les instruments d’orientation, ISEP, vol .1, numéro 1. P.45-51.
1983. L’éducation à l’entrepreneurship, Carriérologie, vol.5, numéro 1, p.51-73.
1999. Orientation, ISEP et Carriérologie, Carriérologie, vol.7, numéro double 3-4, p.5-14

L’autre lignée

En 1959, le Professeur Jean Château de l’Université de Bordeaux, crée un bulletin dénommé « études psychologiques » consacré aux travaux effectués dans tous les domaines de la psychologie à Bordeaux. Ce bulletin est l’émanation, à la fois, de l’Institut d’Études psychologiques et psychosociales fondé en 1952 et de la Société de Psychologie de Bordeaux créée le 26 février 1953. Ce bulletin devient permanent de 1964 à 1968. Il est réactivé en 1984 et 1987, par les directeurs successifs de l’Institut de Psychologie, Alain Laflaquière et Albert Ripon. Il prend alors la dénomination de « Nouvelles Études psychologiques » (N.E.P.) pour affirmer tout à la fois sa continuité et son nouveau départ. André Botteman se voit confier la rédaction de 1987 à 1992. Mais il se rend compte alors de cette utopie qui consiste à vouloir poursuivre l’idée de Jean Château de réunir dans un périodique les différents domaines de la psychologie qui s’affirment de plus en plus autonomes. Les « Nouvelles Études Psychologiques » cessent de paraître faute de moyens alors que le numéro 2 du volume 5 est prêt pour l’impression dès le 28 mai 1992. Au mois d’août 1992, André Botteman rencontre à Montréal Doria Ross et Jacques Limoges, respectivement directeur et président du comité de lecture de la revue « Carriérologie » et une collaboration est envisagée. Par déférence pour les auteurs qui lui ont confié leur texte, André Botteman propose à Doria Ross de publier ces textes restés en suspens. C’est ainsi que le numéro 1 du volume 5 de « Carriérologie » (janvier 1993) est publié avec quatre textes venus de Suisse et de France. On comprend mieux, dès lors, les liens qui unissent Carriérologie et Bordeaux. Il faut dire que le bulletin « Nouvelles études psychologiques » avait déjà présenté la revue « Carriérologie » à ses lecteurs dans le numéro 1 du volume 5 (15 juillet 1991).

Une nouvelle étape est ainsi franchie pour la revue « Carriérologie ». André Botteman devient directeur adjoint avec une double mission : celle de faire connaître et de développer la revue en Europe francophone et de lui apporter des contributions européennes. L’objectif est de jeter un pont entre les deux rivages francophones de l’Atlantique dans les domaines de l’insertion professionnelle, l’éducation à la carrière et la gestion des ressources humaines. 

La revue « Carriérologie », bâtie autour du concept de carrière, est une revue indépendante et « n’appartient à aucun organisme » (août 1987, vol. 3, numéro 3, 1987, p.2). Mais l’idéal inscrit au frontispice des « Nouvelles études Psychologiques » peut lui servir de ralliement : « sub magni nominis umbrà ». Tout en étant autonome, la revue « Carriérologie » s’inspire néanmoins de grands noms comme celui de Donald E. Super, le promoteur du « développement de carrière » et de Jean Château, l’initiateur de l’enseignement des sciences de l’éducation et de la psychologie à l’Université de Bordeaux.



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