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L’accompagnement et la dynamique individu-étude-travail
Introduction


Marie-Chantal GUÉDON
Professeure au secteur Orientation professionnelle, Faculté d’éducation, Université de Sherbrooke




À la fin d’octobre 2001 avait lieu à l’Université de Sherbrooke, sous la direction de Jacques Limoges, avec la collaboration de Michèle Roberge, un Symposium international sur l’accompagnement et la dynamique individu-étude-travail. Destiné à mettre en lumière les caractéristiques de cette forme d’intervention surtout dans les problématiques relevant des spécialistes de l’orientation, (orientation, insertion professionnelle, maintien aux études ou au travail, gestion de carrière), ce symposium faisait aussi une place importante à l’accompagnement dans d’autres contextes. Les pages qui suivent rapportent plusieurs des présentations qui ont été faites à cette occasion, complétées par des contributions d’autres auteurs ayant réalisé des travaux sur ce thème1.

La popularité dont bénéficie actuellement la notion d’accompagnement dans les diverses formes d’assistance aux individus, y compris dans le champ de l’orientation professionnelle, invite à s’interroger sur les applications dont elle fait l’objet, en particulier pour en distinguer la spécificité et en préciser les avantages comparativement à d’autres modalités d’intervention de nature similaire.

Le terme « accompagnement » s’applique en effet à toutes sortes de pratiques apparentées à la relation d’aide, dans toute sortes de contextes, et sa signification demeure à la fois multiple et floue. Quels paradigmes le supportent et encadrent les pratiques qui y sont associées? Quels sont ses attributs spécifiques? L’accompagnement pratiqué dans la sphère individu-étude-travail possède-t-il des caractéristiques spécifiques en même temps que des points communs avec l’accompagnement propre à d’autres champs? Les spécialistes rassemblés à l’occasion du symposium avaient à se pencher sur ce type de questions. Choisis pour leur appartenance à des domaines variés, ils devaient contribuer, chacun à sa façon, à clarifier la notion d’accompagnement et à permettre de cerner les particularités de cette notion lorsqu’elle est appliquée à la dynamique individu-étude-travail.

Les textes présentés ici ne constituent qu’une partie des exposés qui ont été entendus lors du symposium. Plusieurs conférenciers ou conférencières ont en effet choisi de ne pas publier leur contribution. Ceux qui ont accepté de le faire offrent un intéressant panorama de pesrpectives, de niveaux de réflexion et de tons. Quelques textes font état de témoignages, d’autres invitent à une réflexion de fond, d’autres proposent surtout des points de vue spécifiques … On verra que des chevauchements apparaissent dans les contenus de textes, en même temps qu’émergent les apports distincts de chacun.

En premier lieu, le texte d’Alexandre Lhotellier expose une réflexion de fond sur l’accompagnement que constitue l’acte de « tenir conseil ». Celui de Jean-Pierre Boutinet, qui vient ensuite, explore l’accompagnement comme modalité de formation et de reconstruction du lien social chez les adultes, tout en soulevant les enjeux qui y sont liés au plan des relations inter et transgénérationnelles. Les textes qui suivent se situent au niveau de l’opérationnalisation de l’accompagnement dans des contextes particuliers, différents les uns des autres : celui de Jérôme Guay traite d’une façon approfondie de l’accompagnement en relation à l’intervention professionnelle dans les problématiques de santé mentale; celui de Martine Bovay s’attache à l’accompagnement sous un angle psychosocial alors que Gilles Pinte et Christian Heslon abordent l’accompagnement des personnes en fin de vie. Le texte qui suit revient au plan conceptuel avec l’exploration de la notion d’accompagnement que fait Maela Paul, en s’aidant de repères sémantiques. Ces réflexions sont suivies d’un retour dans la pratique, mais cette fois dans la perspective plus spécifique de l’orientation, de l’insertion professionnelle et de la gestion de carrière, avec les contributions respectives de Michel Jacques, de Lucie Lamarche et de Michèle Roberge. Enfin, sur un ton très différent, les courtes pièces écrites par Jacques Limoges couronnent le tout en illustrant sur un mode fantaisiste des modalités d’accompagnement en relation avec la thématique du maintien d’un projet.

Le développement remarquable des moyens de communication qui est caractéristique de notre l’époque n’empêche pas notre mode de vie contemporain de créer beaucoup d’isolement pour un nombre croissant d’individus. Nous vivons en effet dans une société où la technologie prend de plus en plus de place dans la communication et dans la prestation des services aux individus ou aux collectivités : échanges pris en charge par des boîtes vocales, consultations interactives avec des logiciels, cours médiatisés par ordinateurs, démarches de prises de décisions pilotées par des logiciels… jusqu’aux contacts humains qui sont éclipsés par des contacts virtuels affichés sur l’écran d’un ordinateur. La pratique de l’orientation n’échappe pas à ce courant : tests en ligne avec interprétations de résultats déjà programmées, assistance informatisée aux choix professionnels, banques de données offertes pour des visites guidées sur écran, etc. Tout en reconnaissant l’apport indéniable de cette technologie dans l’efficacité de certaines interventions, il est utile de rappeler, en contrepoint, la nécessité et le caractère irremplaçable d’une vraie présence humaine, d’une relation réelle entre personnes, dans les services d’aide aux individus. Dans ce contexte, la tenue d’un symposium sur le thème de l’accompagnement, notion qui évoque la présence attentive d’un individu à un autre, revêt une pertinence particulière. Il faut souhaiter que les contribution présentées ici trouvent un écho chez d’autres et suscitent des réflexions amenant à préciser davantage les modalités selon lesquelles on peut intervenir avec efficacité et humanité dans les problématiques relevant de l’orientation professionnelle.


notes

  1. Il s’agit de Jean-Pierre Boutinet, de Gilles Pinte et Christian Heslon, ainsi que de Maela Paul.

 

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