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Des démarches d'insertion et d'employabilité aux stratégies de maintien professionnel1

Jacques LIMOGES, professeur associé, Secteur Orientation professionnelle,
Université de Sherbrooke


auteur

résumé/abstract

Diverses mesures mises en place au cours des quinze dernières années, en particulier l'académisation de la démarche d'insertion, ont amplifié cette démarche, ainsi que le concept d'employabilité, au point où les deux transcendent toute la vie active et productive. Il est de plus en plus courant de parler d'un processus sans fin d'insertion et l'auteur admet avoir largement contribué à cette tendance. Or après toutes ces années, il appert que cette vision est très réductionniste et de plus en plus dommageable pour les personnes concernées. En conséquence, l'auteur argue pour redonner aux enjeux de l'insertion professionnelle leurs dimensions initiales, les limitant dans le temps et dans l'espace. Conséquemment, cela fait émerger en deçà et au-dessus du spectre inclusion/insertion/employabilité, des problématiques vocationnelles nouvelles et stimulantes, tant pour les clients que pour les intervenants, permettant d'identifier, d'une part, les vrais des faux chercheurs d'emploi et, d'autre part, une zone favorable à une réelle transition école-travail ainsi qu'à une acculturation en emploi.

contenu

L’insertion professionnelle, un processus sans fin?
Pour une urgente limitation dans le temps et dans l’espace du processus d’insertion professionnelle


L’insertion professionnelle, un processus sans fin?

L'insertion professionnelle, un processus sans fin ? Dès la fin des années octante, je répondais sans hésiter à cette apparente question par l'affirmative et, pour appuyer mon point de vue, j'invitais entre autres, mes auditeurs à se positionner professionnellement sur une échelle allant de 0 à 10, les échelons inférieurs référant bien sûr à l'exclusion, à "l'excertion" et à l'inemployabilité, alors que les échelons supérieurs, ceux approchant la position 10, indiquant un très haut niveau d'inclusion, d'insertion et d'employabilité. Dans le partage animé qui suivait, on retrouvait par-là, évidemment, de nombreux chômeurs mais aussi, oh surprise, un nombre significatif de travailleurs se situant-là pour manifester leur manque d'implication ou encore d'actualisation dans leur travail actuel, que cette situation soit choisie ou subie2. De même, dans les échelons se situant par ici on retrouvait beaucoup de travailleurs, évidemment des travailleurs satisfaits, actualisant leur potentiel et leurs aspirations, mais aussi et surprise encore, des individus présentement exclus du travail, volontairement ou pas, qui percevaient leur situation carriérologique actuelle comme une étape normale ou encore inévitable dans leur "vie du travail et au travail"3 compte tenu, par exemple, du contexte socio-politico-économique du moment. Évidemment quel que soit le positionnement retenu, on faisait référence, lors de son étayage, à diverses retombées du travail, les principales étant, comme je l'ai maintes fois dit : le revenu, le statut, la gestion du temps et de l'espace, les relations interpersonnelles, les réalisations, le rôle clé et le sens à la vie (Limoges, 1987).

En somme, comme l'indique la Figure 1, il appert que l'exclusion et l'inclusion, l'excertion et l'insertion, de même que l'inemployabilité et l'employabilité, sont toujours omniprésentes durant la vie active et productive4 formant une bande ou un spectre sur lequel les positions identifiées, que ce soit subjectivement ou objectivement, ne représentent qu'un certain départage entre chacun de ces deux pôles. Ainsi dans une situation donnée, plus il y a d'exclusion moins il y a d'inclusion et vice versa !

Je répondais également par l'affirmative à cette même question quant à l'insertion un processus sans fin, car depuis toutes ces années, la très grande majorité des études confirme que, contre toutes les idées établies, seul un minimum d'insertion professionnelle assure une vraie et durable insertion sociale ! Parmi les témoignages percutants en ce sens, on n'a qu'à référer aux taux de réussite en insertion sociale des personnes handicapées ou accidentées, lorsque cette insertion est couplée à une insertion professionnelle, tout au moins à une insertion pro-vocationnalisante (Harnois, 2001; Lauzon et Charbonneau, 2000; Durand, Loisel et Durand, 1998). Autre témoignage corroborant pleinement cette réponse affirmative, il me semble, est le récent rapport de la Commission Dussault-Erasmus (1996), commission qui, après avoir longuement consulté les chefs de bande à travers tout le Canada, conclut que la politique des réserves autochtones, même après plus de 150 ans et au-delà de 8 générations5, fut un échec du fait, surtout, qu'elle ne prévoyait qu'une insertion sociale sans réelle insertion économico-professionnelle ! Conséquemment, je suis de ceux qui affirment que s'il devait y avoir une priorisation dans le temps, l'insertion professionnelle devrait être la première mise de l'avant6.

Je répondais encore par l'affirmative à cette même question en réaction, quelque peu défensive il est vrai, à la critique sociologique, maintes fois répétée, à l'effet que les diverses mesures d'insertion et d'employabilité ne visent ultimement que l'adaptation des individus pour en faire une main-d'oeuvre docile, largement exploitable au profit du capitalisme et de l'économie de marché. En introduisant la notion de processus sans fin, on relativise chaque situation d'insertion, n'en faisant qu'une simple étape d'un grand tout en dynamique constante !

Figure 1. Le spectre de l'inclusion / insertion / employabilité; divers positionnements possibles au cours d'une vie active et productive impliquant toujours un ratio résidu : acquis

Quelle que soit ma raison pour dire oui, chaque fois, j'avais soin d'étayer mon propos en mettant de l'avant le modèle Trèfle chanceux (Figure 2) et les positions d'employabilité qui s'en dégagent (Tableau 1), j'ajoutais à cela ce qu'il est convenu d'appeler les phases du chômage que, comme plusieurs autres auteurs, j'ai tenté d'expliciter il y a un certain nombre d'années déjà. Tout cela menait à la conclusion qu'il fallait vitement amener les exclus du monde du travail à la "position A" de l'employabilité pour, par la suite, faire en sorte qu'ils s'y maintiennent hautement. Dans cette optique de maintien, j'ai même "endivé" avec minutie ce Trèfle chanceux afin qu'il puisse soutenir la plénitude temporelle. Pour ce faire7 --le modèle en question, il faut le redire, ayant été conçu pour structurer l'insertion professionnelle à court terme, donc essentiellement pour répondre à un enjeu spatial-- j'ai basculé à la verticale ce Trèfle pour qu'il transcende pleinement et explicitement la dite spatialité


Légende

  • Les quatre cercles représentent les dimensions de l’insertion professionnelle, donc l’espace vocationnel dans un contexte donné.
  • La zone ombrée correspond à l’espace non vocationnel ou non carriérologique.
  • Les cinq lettres majuscules indiquent les cinq positions de l’insertion professionnelle, la position A étant optimale.
  • Le e minuscule réfère à une position intermédiaire.
  • Les flèches symbolisent le cheminement à suivre dans l’acquisition des dimensions.
  • Les chiffres de 1 à 9, les objectifs spécifiques

Figure 2. Le modèle Trèfle chanceux

Tableau 1. Positions d'employabilité selon le modèle Trèfle chanceux

Ensuite, par son endivation8 vers l'aval le long de l'axe horizontal via sa position A, j'ai fait en sorte qu'il puisse également tenir compte de la plénitude temporelle, surtout lorsqu'elle s'appelle perspective future et d'avenir, opérationalisant du même coup ce prolongement dans le temps, par exemple, en suggérant d'aborder les dimensions du Trèfle cette fois par paire, comme l'indique le Tableau 2, soit une paire pour chaque arête du centre du Trèfle chanceux : SOI x LIEU, SOI x MÉTHODE et LIEU x MÉTHODE. Ce même tableau 2 souligne en note 4 des éléments d'intervention propres à cette zone qui n'est en fait qu'un prolongement de l'occasion carriérologique qu'ailleurs nous avons qualifiée de type II (OT II), c'est-à-dire l'occasion se rapportant à la réalisation d'une décision, laquelle fait évidemment suite à une occasion de type I (OT I) associée à la prise d'une décision, et est suivie d'une occasion de type III (OT III) portant sur le maintien d'une décision. C'est pourquoi dans la figure 4, plus bas, cette zone n'aura pas de réelle frontière avec le dit spectre.


Figure 3. Au-delà d'un temps et d'un espace, le Trèfle chanceux endivé

Logiquement et scientifiquement, toutes ces raisons de dire oui à une conception permanente du processus d'insertion restent entièrement valables, même encore aujourd'hui. Cependant, depuis qu'un peu partout dans le monde il y a, à divers degrés, reprise économique et conséquemment reprise de l'embauche, je vois de plus en plus de raisons pour maintenant dire non à cette même question.9 Voici cinq de ces raisons.

Premièrement, j'ai maintenant de plus en plus tendance à répondre à cette même question par la négative parce que ces dernières décennies, sous l'effet justement de diverses crises socio-économiques, est apparu le concept d'employabilité qui fait que l'insertion professionnelle est de plus en plus définie comme uniquement un processus sans fin, permanent et continu, sorte de monstre en continuelle croissance dévorant tout sur son passage, monstre, qu'à quelques reprises, j'ai même contribué à nourrir (Limoges 1992, 1995) !10 Cette débridation du processus d'insertion professionnelle se reflète, par exemple, dans l'étirement éhonté du stade Jeune-adulte bien au-delà de la trentaine, comme dans les Carrefours Jeunesse-Emploi où on est "jeunesse" jusqu'à 35 ans ! Cet étirement s'est évidemment fait au détriment du stade Adulte, lequel est par ailleurs constamment rogné à son autre extrémité, par exemple, par les vagues successives de retraites anticipées, pour finalement ne totaliser présentement qu'une quinzaine d'années ! Pas étonnant que, comme le fait si bien ressortir Boutinet (1998), de nos jours tout le monde, jeunes et vieux, se retrouve en immaturité, que ce soit dû à l'enlisement dans un stade donné ou encore par l'amorce anormalement prématurée d'un autre stade !

Deuxièmement, j'ai de plus en plus tendance à répondre à cette même question par la négative du fait qu'en faisant de l'insertion professionnelle un processus permanent et continu, on réduit du même coup l'insertion à n'être qu'un simple enjeu de polarité, voire qu'a n'être qu'une binarisation simpliste. Comme on l'a vu dans la toute première figure, l'insertion professionnelle se résume alors à une question de quantité sur une échelle uniforme ou de scores en terme de plus ou de moins, sans aucune notion de seuil et de passage; sans aucun repère sur lequel s'appuyer pour reprendre son souffle et amorcer une reprise de la démarche. En somme, si c'est ça la réalité, il y aurait pour l'espèce humaine de quoi envier l'atome, cette particule élémentaire jouissant de tels seuils stabilisateurs et référentiels ! Avec cette vision actuelle, tout échec ou toute rupture dans la démarche d'insertion professionnelle devient un inévitable et démobilisant retour à la case zéro (position 0 sur le spectre de la figure 1) !

Troisièmement, j'ai de plus en plus tendance à répondre à cette même question par la négative parce que dans plusieurs sociétés, telle le Québec, l'encadrement de la démarche d'insertion professionnelle est fortement du ressort du monde scolaire, tout au moins en ce qui à trait à la transition études-travail, donc à la primo-insertion. Activée par l'affût grandissant de subsides, il s'en suit une académisation exponentielle de cette démarche. L'insertion professionnelle devient alors presque une matière scolaire avec ses notes et ses examens, ses ratios et ses présences, autant de procédures pouvant déraper si on n'y prend garde, au point d'entraver la réussite de la dite démarche11! Paradoxalement, avec l'"endivation" du Trèfle chanceux, le monde de l'éducation peut entrer en toute légitimité et pour longtemps dans le monde du travail, par exemple, par le biais de stages, de mesures de soutien et de relances; maternant indûment ses "presque-finissants", surtout si de telles mesures sont monnayables pour le monde scolaire; mais conséquemment aussi, déresponsabilisant le monde du travail quant à l'accueil, à l'encadrement et à l'acculturation de cette jeune relève.

Quatrièmement, j'ai de plus en plus tendance à répondre à cette même question par la négative car, même une fois dans et sur le monde du travail et à cause de la précédente raison, le sujet en démarche d'insertion professionnelle tarde à épouser les attitudes et les agirs facilitant son acculturation en emploi et par le fait même son intégration au monde du travail. À cause de ce dit encadrement, ce nouvel inséré risque de toujours se considérer comme un finissant, un stagiaire ou un postulant, et non comme un débutant, un junior ou un novice ! Pas étonnant que ce jeune sujet ne soit guère encouragé par son milieu de travail à se comporter comme un vrai et normal travailleur à part entière, d'une part, et qu'il ne soit pas pris au sérieux par ses collègues de travail, ni par ce milieu de travail, d'autre part. En somme, actuellement, c'est clair pour tous, pour le nouvel inséré comme pour les autres, il ne fait pas vraiment partie de l'équipe, il ne fait pas partie de la "gang".

Enfin, j'ai de plus en plus tendance à répondre à cette même question par la négative car, si on revient au réductionniste quantitatif énoncé à la seconde raison, en disant oui à l'équation insertion = processus sans fin, on gomme, encore une fois, tous les repères qualitatifs, tels les stades du développement carriérologique et, en particulier, la typologie12 Apte et Inapte au travail, concepts que j'approfondirai un peu plus loin dans ce texte. Pour le moment, disons que sans la prise en compte de cette typologie, bien des mesures d'insertion et d'employabilité perdent significativement de leur efficacité, deviennent même caduques, entre autres, du fait qu'elles s'adressent indifféremment aux chercheurs d'emploi, aux chômeurs, aux prestataires des assurances de chômage et d'emploi, aux assistés sociaux, aux prestataires de la sécurité du revenu ou du revenu minimum d'insertion, aux travailleurs au noir, aux personnes lourdement handicapées, etc.13! Il arrive même que la recherche d'un travail devienne un travail en soi et à plein temps; le moyen étant devenu la fin !14 Devant ce constat multiple et mon apparente volte-face, je m'en voudrais de ne pas conclure cet article par une alternative articulée.

Pour une urgente limitation dans le temps et dans l’espace du processus d’insertion professionnelle

Pour limiter dans le temps et dans l'espace le processus d'insertion professionnelle et ainsi mettre fin à la voracité débridée d'un processus lorsque perçu comme permanent et continu, voici une proposition avec les principales implications qui s'en suivent. Elle est à l'effet de rétablir à sa juste mesure, tant sur le plan microscopique (individu, processus, démarche) que sur le plan macroscopique (programme, système, politique) la démarche d'insertion professionnelle avec toutes les mesures dites d'employabilité qui y sont associées. En somme, ma proposition est de ramener le spectre de l'inclusion /insertion / employabilité à sa dimension originale, ce qui revient à dire, schématiquement, à ne considérer à cette fin que les échelons 2 à 9 inclusivement, comme en fait fois la figure 4, lequel n'est en somme qu'une reprise revue et corrigée de la toute première. Qu'il soit dit en passant que, pour répondre aux besoins associés à cette bande du spectre (c'est-à-dire pour les échelons 4 à 8), il y a présentement une multitude de bons instruments et programmes comme le Dossier diagnostico-évolutif de l'insertion professionnelle et le Programme-cadre OPTRA de Limoges et Lahaie (1998, 2000) (cf Figure 4, note 3).

Légende

1 Éléments spécifiques d'intervention proposés dans ce texte lors de l'élaboration de cette sous-position.
2 Idem.
3 Dossier Diagnostico-évolutif et du Programme-cadre OPTRA
4 Éléments d'intervention propres à cette zone endivée dans Thériault (1997) ainsi que dans Limoges (2002), surtout dans le conte de la "Forteresse bien gardée".
5 Éléments de programme disponibles dans Stratégies de maintien au travail. (Limoges, 2002).

Figure 4. Le spectre l'inclusion / insertion / employabilité re-normalisé


Cette proposition a pour première implication de faire émerger deux nouvelles aires, essentiellement qualitatives, soit une en dessous de ce spectre (échelons 0 à 3) et une autre immédiatement au-dessus ( échelon 10 et partiellement échelon 9). Il appert que présentement, dans plusieurs pays, ces deux aires sont parfaitement identifiables du fait que les diverses reprises économiques ont, à toute fin pratique, vidé le centre de ce spectre ne laissant apparaître en toute nudité que ces deux aires frontières ! Et si une éventuelle remontée du chômage en venait à re-camoufler ce centre, évidemment le problème qui émerge aujourd'hui ne serait pas pour autant résolu.

2.1 EN DEÇÀ DE CE SPECTRE

En y regardant de plus près comme je l'ai avancé précédemment, cette proposition réactualise pleinement les concepts d'Apte et d'Inapte au travail, concepts presque disparus, comme en France, dans la foulée des programmes de sécurité du revenu et de revenu minimum, ou comme en Hollande, malicieusement récupérés afin de pavaner un taux de chômage avoisinant le plein emploi (Benoît, 2001). Vocationnellement parlant, on pourrait énoncer qu'est apte au travail, toute personne qui peut, avec ou sans compensation financière (comme dans le cas de certaines personnes ayant un handicap) :
- assurer un rendement minimalement acceptable,
- s'acculturer minimalement et fonctionnellement à un milieu donné de travail,
- ne pas entraver, de façon majeure ou répétée, le rendement des autres travailleurs de ce
même milieu.
Voilà pour ce qui est de la première implication reliée à cette proposition.

Sous-position : Involontairement inapte à l'emploi
Autrement dit, et voilà la deuxième implication quant à ma proposition, si on réfère au modèle Trèfle chanceux et aux positions qui s'en dégagent, ce retour à la version originelle du spectre inclusion / insertion / employabilité appelle aujourd'hui une importante refonte de la position E jusqu'à maintenant décrite (cf. Tableau 1) comme étant celles des non prêts à la recherche / demande d'emploi. En fait, pour refléter la réalité actuelle, il y a lieu de scinder cette position en deux afin d'avoir, dans un premier temps, immédiatement autour et surtout au-dessus de l'actuelle position E, la sous-position E/invine15 représentant les personnes involontairement inapte à l'emploi et ce, pour diverses raisons comme : une maladie grave, une invalidité temporaire, une actuelle charge familiale excessive, le soutien d'un parent gravement malade, etc. Or, dans cette sous-position, il arrive que, par obligation ou par choix, la personne en question exécute des tâches pouvant s'apparenter, par ailleurs, à des fonctions et à des tâches de la vie active et productive : entretien domestique, garde d'enfants, soins aux malades, rénovation domiciliaire, commercialisation, etc. Watts (2001) associe ces diverses fonctions et ces diverses tâches soit à l'économie domestique (entretenir une maison, cuisiner pour la famille), soit à l'économie conviviale (impliquant souvent une forme de troc), voire même à l'économie clandestine (à la limite de l'économie et du travail au noir). Coté vocationnel, bon nombre de ces fonctions et de tâches amènent résolument ces personnes, plus ou moins lucidement, sur une voie d'insertion socioprofessionnelle, d'une part, les rendant davantage employables et qualifiables, donc aptes pour le marché du travail, d'autre part. À la limite, souligne Watts, elles ont un effet préventif, voire même de réinclusion ! C'est pour toutes ces raisons que le dit sous-stade est situé sur le modèle Trèfle chanceux immédiatement autour et au-dessus de position E. Par ailleurs, il faut bien l'admettre, lorsque l'économie tourne au ralenti, c'est la société toute entière qui bénéficie de ces autonomies financières partielles, tant socialement qu'économiquement. C'est pourquoi des auteurs fort lucides, comme Watts (2001) et Benoît (2001), en viennent à proposer un recadrage de certains concepts en vigueur par rapport à l'emploi et au PIB, tels celui de travail au noir, de travail illégal, de travail à plein temps et surtout le concept d'emploi lui-même. Ces auteurs font ressortir que ces concepts, issus du plein emploi et du droit au travail, sont devenus trop rigides et surtout trop étroits ! C'est un tel changement d'attitude que cherche à véhiculer la création de ce nouveau sous-stade, en espérant qu'il ne devienne pas à son tour un ghetto marginalisant les individus ou un fourre-tout en vue de camoufler l'inactivité nationale, comme le déplore Benoît (2001).

À l'heure où les tolérances de toutes les sortes sont à la mode, la sous-position E/invine appelle, de façon imagée, une Tolérance 95, c'est-à-dire une tolérance avec un seuil légèrement au dessus de 90°, lequel degré, représentant l'horizontal sur un plan cartésien, est associé au plafonnement et à la stagnation et, par conséquent, les degrés moindres à un enlisement dans l'inaptitude à l'emploi formalisé16! Avec une tolérance d'au moins 95° degrés, il y a assez d'ascendance pour espérer une volte-face à moyen terme et une atteinte éventuelle des positions supérieurs en employabilité17. C'est pourquoi, dans la figure 4, cette nouvelle tolérance est marquée par une zone semi-ombrée correspondant à l'échelon 2 du spectre et par une ouverture de la zone E/invine vers l'occasion carriérologique propre à l'insertion c'est-à-dire, comme on le verra plus en détail plus loin, à l'occasion carriérologique de type II. Par ailleurs, comme l'indique la note 2 de cette même figure, la reconnaissance de cette sous-position amène à concevoir, dans la foulée de Clavier (1998) et de Benoît (2001), des accompagnements et des programmes appropriés misant sur les compétences sociales et transversales,18 sur divers bilans, reconnaissances d'acquis et transferts de compétences génériques et qualifiées, sur l'étayage et le réseautage, sur l'entraide et l'interdiagnostic, sur le décodage des situations personnelles et sociales et sur l'habilitation à gérer les changements avec, cependant, une très grande réserve quant à l'utilisation d'activités directement associées à la démarche d'insertion professionnelle à proprement dit puisque, "l'inaptitude" en ce domaine de la dite personne rendrait ces mesures caduques et entraverait leur efficacité pour les personnes "aptes" en ce même domaine.

Sous-position volontairement inapte à l'emploi
Quant à la seconde sous-position émergeant de la position E, compte tenu de la réalité actuelle, il est impossible de la circonscrire sans soulever d'un côté, comme de l'autre, quelques tollés du fait qu'il est ici question d'une certaine adhésion de la part du sujet à un verdict d'inaptitude à l'emploi, adhésion il est vrai plus ou moins consciente, plus ou moins volontaire et plus ou moins formalisée par ce sujet. Devrait-on parler d'un sujet activement inapte à l'insertion et à l'emploi (par exemple, parce qu'il fait tout pour ne pas avoir un emploi ou le cas échéant pour immédiatement le perdre), ou d'un sujet ayant des activités inadaptantes professionnellement du fait que ce qui occupe présentement la majeure partie du temps de ce sujet est socialement qualifié d'illégal ou de criminel (travail au noir, trafic de drogue, prostitution, etc.). Devrait-on à la suite de Benoît (2001), reprendre ici le concept de chômeur volontaire pour décrire l'individu en chômage, soit par ignorance active ou passive des opportunités du marché, soit par contestation de ce même marché et des valeurs que ce marché représente ? En référence à l'exclusion, devrait-on plutôt parler d'accoutumance ou d'enlisement, et même de conversion (i.e. la survalorisation des mesures palliatives comme l'encadrement soutenu d'un conseiller en emploi ou la gratuité des médicaments) ? Bref, cette seconde sous-position tente de cerner une formalisation de l'inaptitude à l'emploi, que cette inaptitude soit encore une fois choisie, tolérée ou assumée par le dit sujet. Après une première et malheureuse19 tentative en vue de nommer cette seconde sous-position, je propose aujourd'hui le sigle E/voline pour volontairement inapte à l'emploi. Cette sous-position se situe évidemment à l'extrémité inférieure, tout en bas du spectre (échelons 0 et 1 dans la figure 4), et conséquemment en deçà du seuil de tolérance 95. Cela veut dire que loin d'enclencher l'insertion / inclusion / employabilité, même à moyen terme, cette sous-position mène résolument vers l'enlisement dans la désinsertion et la déchéance, dans la marginalisation et l'illégalisme; en somme dans l'illusion pure et simple, simpliste même,

Tableau 2. Tableau tiré de De Gaulejac et Leonnetti (1994) représentant
les étapes du processus de désinsertion et conduisant à la déchéance

comme l'ont si bien fait ressortir De Gaulejac et Leonetti (1994) et comme en fait foi le Tableau 3 conçu par ces derniers.20

À première vue, pour un moment et à court terme, les activités choisies, exécutées ou acceptées par les sujets positionnés en E/voline peuvent, pour eux et même pour certains intervenants, sembler générer l'une ou l'autre des retombées associées au travail, par exemple des revenus substantiels ou un large réseau de relations formelles. Considérant entre autres les bénéfices issus de l'endivation du Trèfle chanceux, ce constat peut même amener certains observateurs à proposer cette fois une version rave21 de ce Trèfle afin qu'il tienne aussi compte de cet imposant monde "invisible" du marché du travail. On pourrait même parler, tant du point de vue de la personne que des intervenants, d'une tentative bien intentionnée de récupération en mettant de l'avant, par exemple, que durant ce passage dans ce monde ténébreux et souterrain, un individu peut avoir acquis une meilleure connaissance de lui-même (dimension SOI sur le Trèfle chanceux ) ou acquis de l'expérience (d'une certaine façon, dimension ESPE); cet individu peut ainsi mieux connaître maintenant les entreprises progressives (dimension LIEU) et ainsi de suite. Or, à brève échéance et sauf de très rares exceptions, ces "retombées" s'avèrent des impasses et des leurres, voire des entraves à une réelle insertion. Elles impliquent inévitablement de sérieux rétrécissements de vision quant à soi, quant aux autres et quant à la réalité environnementale (De Gaulejac et Leonetti, 1994). Ainsi, il y a peu de chance qu'un travail "au blanc", surtout pour une personne sous-qualifiée, rapporte autant que le trafic de narcotiques ou encore, que le réseau de contacts tissés dans ces bas-fonds soit aussi approprié et efficace une fois revenu à la surface et à la lumière du jour. Et en ce qui a trait au faux statut de chômeur utilisé comme "cover up", tôt au tard, ces sujets seront brutalement rappelés aux dimensions réelles : là, ce travailleur au noir devra rembourser illico les prestations encaissées illégalement; ici, ce "stagiaire" inscrit à une mesure d'employabilité, aux absences fréquentes, narguant ses pairs avec son imposante voiture de luxe, se verra condamner à plusieurs années de détention pour vol; ailleurs ce braconneur se verra refuser les services de la CSST à la suite d'un accident que lui seul qualifie "de travail", et plus loin, ce cultivateur de haschisch sera retrouvé assassiné dans son champ ! Et je n'en suis qu'aux aspects externes et flamboyants; que dire de l'impact sur la famille, sur l'estime de soi, et ainsi de suite !22

Tableau 3. Parallèle entre les sous-positions reliées à l'inaptitude au travail.

Parce que ces activités sabordent autant la société que les individus qui les pratiquent; parce que ces "faux chômeurs" et les "faux demandeurs d'emploi" que ces activités génèrent, démobilisent les vrais chômeurs et les vrais sans-emploi, ceux qui s'engagent pleinement et de bonne foi dans la recherche d'un travail selon les règles du jeu socialement admises dans ce contexte; parce que l'utilisation par ces "faux" des mesures conçues pour les "vrais", ou pour les plus ou moins aptes à l'insertion (c'est-à-dire ceux des positions E/invine à A), a inévitablement pour effet de rendre ces mesures --même celles maintes fois prouvées efficaces-- caduques et bidon, y compris pour les "vrais", seule une tolérance zéro est ici acceptable psychologiquement, socialement et moralement. Lorsqu'il y a suffisamment de preuves pour émettre un verdict E/voline, celui-ci devrait --au minimum-- entraîner un interdit total, formel et immédiat d'accès à toutes les mesures précédemment décrites, surtout celles directement associées à l'employabilité, tant celles pour les aptes que pour les E/invine. Et si mesures il doit avoir comme le sous entend la note 1 de la figure 4, ces mesures devraient être spécifiques et exclusives à ce sous-groupe, s'inspirant d'approches propres à la réhabilitation, au sevrage et à la désintoxication : résidence, suivi serré, modification de comportements, etc.(Joule et Beauvois, 1998). En observant le tableau 3 et en revenant à la figure 4, il appert que, autant la première sous-position était un plaidoyer pour la souplesse et pour la tolérance, allant même jusqu'à basculer la zone E/invine du côté de l'inclusion / insertion / employabilité, autant la seconde sous-position, celle représentée par le sigle E/voline appelle fermeté et ultimatum.

2.2 AU DELÀ DE CE SPECTRE

Tout en acceptant vers le haut du spectre une zone tampon déjà fort bien articulée par l'endivation du modèle Trèfle chanceux au point où, comme le souligne la Figure 4, il y a présentement de nombreuses pistes théoriques et pratiques d'opérationalisation, la dernière implication en lien avec la présente proposition va dans le sens de faire émerger au-dessus de cette position A endivée un autre stade, qualitativement différent de celui directement relié à l'inclusion / insertion / employabilité. Ce nouveau stade vise surtout, d'une part, à sevrer le sujet de la précédente mesure, donc de faire en sorte qu'il "gradue" quant au monde scolaire, tout particulièrement quant à la formation initiale et, d'autre part, que ce nouveau stade soit résolument une démarche graduelle d'affiliation et d'acculturation par rapport au nouvel emploi et, de façon plus large, par rapport au monde du travail dans lequel cet emploi s'exécute (Bergeron 2002).

Dans des publications antérieures, j'ai mis au point six types d'occasions carriérologiques, toutes reliées à la prise de décision quant à la dynamique individu-étude-travail. Ces occcasions-types représentées par le sigle OT réfèrent successivement à la prise d'une décision reliée à la dite dynamique (OT I), à la réalisation de cette décision ( OT II), à son maintien (OT III), à la transition de cette décision à une autre (OT IV), à la nouvelle prise de décision quant à cette dynamique (OT V) et, enfin, au retrait ultime de cette dynamique (OT VI). Dans cette optique, j'ai, jusqu'à maintenant, surtout mis l'accent sur la consanguinité entre les occasions III et IV du fait qu'elles ont en commun un supra enjeu de maintien, c'est-à-dire qu'elles sont tous les deux valables tant et aussi longtemps qu'une transition n'est pas nécessaire ou choisie (Limoges, 2002). Aujourd'hui, en ramenant le spectre inclusion / insertion / employabilité à sa juste dimension, l'aire qui se dégage au-dessus de ce spectre montre à quel point il y a également de multiples affinités entre l'occasion de type II, laquelle, on se souvient, est associée à l'insertion et est opérationnalisée par le modèle Trèfle chanceux, et l'occasion de type III, occasion portant cette fois sur le maintien professionnel. Comme l'indique la Figure 4, ces multiples affinités vont en augmentant si, à la fois, on tient compte et on n'abuse pas de l'endivation du dit modèle, l'endivation n'étant qu'une excroissance de la positon A !

Conséquemment, dans la présente implication, il y a une volonté nette de rompre la dépendance avec le monde scolaire et, du même coup, une volonté nette de résolument entrer dans le monde du travail, d'y prendre pleinement sa place en assumant tout son rôle de travailleur avec tous les droits, privilèges et devoirs que ce rôle implique (Bissonnette 1999, Bergeron 2002).

L'introduction d'un stade au-dessus de la zone de l'employabilité, ce qui revient à dire l'enclenchement rapide des enjeux du maintien "vraiment" professionnel, fait en sorte que si la démarche d'insertion qui l'a précédé prenait fin prématurément et quelle qu'en soit la raison, ce ne serait plus un retour à la case zéro (échelon 0 de la première figure), avec le risque plus qu'élevé que si le deuil associé à cette perte tarde à se faire ou que si cette exclusion du marché du travail se prolonge, il y aura beaucoup moins de chances que cette nouvelle situation mène à un glissement vers la position E et ses sous-positions. Avec la présente implication, un tel glissement ne sera plus possible puisqu'en réduisant le spectre de l'insertion/inclusion/employabilité à sa juste mesure, il y a, par le fait même, une saine rupture dans le dit continuum qui n'était alors que quantitatif. Cette rupture se fait en faveur d'une vision résolument développementale et « protravail », impliquant des changements et des stades essentiellement qualitatifs, impliquant surtout un seuil de non-retour ! En somme, une fois l'insertion ou l'OT II complétée, toute exclusion éventuelle du monde du travail sera traitée et devra être traitée, tant macroscopiquement que microscopiquement, comme une occasion de transition, c'est-à-dire comme une OT V, quitte à ce que celle-ci, dans sa phase "nouveau départ", récupère certaines expertises développées dans le cadre des OT II. Logiquement, de telles mesures postinsertion devraient relever de la loi 70 ! En somme, en faisant pleinement émerger ce stade postinsertion, on vise une rupture plus rapide avec le monde scolaire, avec l'école et la formation initiale ainsi qu'une rupture avec les approches trop pédagogiques et académisantes. On vise évidemment une rupture totale et bien faite, il va sans dire, grâce à un accompagnement adéquat. Plus vite cette rupture sera faite, bien faite et assumée, plus vite s'amorcera l'acculturation en emploi et l'acculturation au monde du travail; plus vite se fera pour l'individu et son entourage le passage d'un discours d'insertion/inclusion/employabilité à un discours de maintien, de développement et de gestion de carrière. Ainsi, comme le démontre la Figure 5, il ne sera plus question du passage de la position E à la position A, mais carrément d'obsolescence, de maintien et d'épuisement avec les attitudes, compétences et comportements appropriés. Si là les enjeux visaient le prolongement de la position A, ici ils portent sur des rétrospectives, prospectives et actions en processus cyclé. Là, il fallait mettre du temps en vue de se trouver un espace, ici, il faut rechercher de l'espace pour enrichir le temps qui est. Or, à cette fin surtout en orientation comme le souligne la note 4 de la figure 4, presque tout reste à faire (Bergeron, 2002).

À l'aube du 21ème siècle, il y a un urgent besoin de redéfinir ce qu'est un chômeur de longue durée, et c'est ce que j'ai ici tenté de faire.


Figure 5. Entre le lâcher et le tenir, le maintien.

auteur

Jacques Limoges, Docteur en éducation, est maintenant professeur associé au Secteur Orientation professionnelle de l'Université de Sherbrooke. Il est l'auteur d'une quinzaine de livres, certains traduits, et de trois fois plus d'articles. Il est le concepteur du modèle Trèfle chanceux, du concept d'occasions carriérologiques et de la technique du Double-axe. Il collabore de façon assidue à la Revue Carriérologie. Son plus récent livre est un traité sur le maintien au travail paru chez Septembre Éditeur. Jacques.Limoges@USherbrooke.ca

adresse

Secteur Orientation professionnelle, Université de Sherbrooke, Sherbrooke, Qc, J1K 2R1

 

notes

  1. Ce texte s'inspire d'une communication faite à l'ACFAS 2001, à Sherbrooke, dans le cadre d'un colloque intitulé L'insertion et l'intégration au travail : les enjeux d'un processus sans fin...
  2. Voulue, parce que priorisant un autre projet existentiel comme : une maternité, les études, les loisirs; subie, par exemple, suite à une mise à pied, un accident, une maladie.
  3. Expression proposée par Dodier (1987) pour décrire le champ spécifique de la carriérologie
  4. Autre façon de nommer la population active, celle qui, économiquement parlant, contribue au PIB.
  5. Selon Brown (1988), même si la loi des Indiens date de 1876, loi qui formalisa la notion de "réserve", il y avait dans les faits des réserves au Canada dès 1840.
  6. Cela va évidemment à l'encontre du modèle français qui a confié le Revenu minimum d'insertion (RMI) aux assistants sociaux plutôt qu'aux conseillers en emploi. Y aurait-il une coïncidence avec cette décision et le fait que dans les pays de l'OCDE, la France est parmi ceux qui ont les plus longues durées de chômage et qu'elle se situe au 22ème rang quant à la compétitivité (La Tribune, 19 octobre 2001).
  7. Ce travail d'endivation fut amorcé par Lonardo (1990).
  8. Faisant à la fois référence à la forme ovale et au fait que l'endive est une repousse de la chicorée.
  9. Suite au 11 septembre 2001, cette situation devient plus nuancée allant même jusqu'à des indices de récession, mais la carence identifiée ici, soit le manque d'articulation de la position E, demeure intégrale et risque de retomber dans l'oubli avec cette présente situation.
  10. Un parallèle intéressant serait à faire avec l'ancien système italien qui faisait que si on était chômeur un jour, on le demeurait pour toujours par rapport à la dite entreprise, même si dans les faits, il y avait retour sur le marché du travail !
  11. Par exemple, le formateur va dissuader un stagiaire de prendre un emploi parce que cela affecterait la dynamique de son groupe et surtout le ratio de base justifiant sa prestation.
  12. Pour des ventilations ingénieuses, quelques fois à la limite de la caricature, de cette typologie, voir Benoît (2001).
  13. Revoir note 6.
  14. Comme les vendeurs de magazines comme Macadam.
  15. Sigle légèrement modifié quant à sa première présentation afin de constituer un mot comme le recommande la grammaire française.
  16. Cette métaphore est inspirée de celle utilisée par l'école de Palo Alto lorsque l'on parle d'un virage à 180°.
  17. Le modèle italien pourrait être inspirant en ce sens.
  18. Des éléments importants pourraient être pris dans les publications du gouvernement canadien dans le cadre du programme Dynamique de la vie / Life Skill Coaching.
  19. Ce sigle donnait vie pour "volontairement inapte au travail" créant une discordance intellectuelle !
  20. Un certain rapprochement est possible entre la première étape (et occasionnellement la seconde) du modèle proposé par DeGaulejac et Leonnetti et ce que, ailleurs, j'appelle les phases du chômage. Dans ce cas, cette première phase serait associée à la sous-position E/invine. Quant à la troisième et à la quatrième étape, elles correspondent vraiment à ce qui est ici appelée la sous-position E/voline.
  21. Rave comme dans céleri-rave et betterave, pour distinguer la variété potagère de la variété fourragère; métaphoriquement, le trèfle endivé étant de cette dernière variété.
  22. À la demande des mes étudiants, j'ai récemment consigné certaines maximes élaborées en vue de rendre mes propos plus percutants. L'une de ces maximes se lit comme suit : Daniel, pour les raisons que tu veux, tu peux appeler un arbre une femme. Mais le jour où tu tomberas en amour avec elle et que tu voudras la baiser, tu frapperas un noeud 

abstract


Several measures implemented these past fifteen years, particularly measures fostering their schooling, have boosted the work finding process to the point that it tends to cover one's entire active and productive life. More and more, we hear about job search as being a life-long everlasting process, and the author acknowledges his frequent participation to this point of view. However, after all these years, this vision appears too reductionist and damageable to clients. Consequently, the author proposes to bring back these issues to their initial dimensions, with time and space limitations. By so doing, for the clients as for the practitioners, emerge new and stimulating vocational issues under and over the inclusion/insertion/employability spectrum, helping to distinguish false from true job seekers, to operatinalize the school-work transition and to foster job acculturation.

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