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Une exploration des représentations de l’identité professionnelle et de l’altérité culturelle d’intervenants de l’orientation socio-professionnelle, qui agissent auprès de femmes immigrantes

Hélène CARDU, professeure
Université Laval, Québec

Mélanie SANSCHAGRIN
Université Laval, Québec


auteur

résumé/abstract


Dans cet article, nous discutons de la représentation identitaire des femmes immigrantes et des obstacles à leur insertion socioprofessionnelle qu’ont des intervenants spécialistes de l’orientation auprès des personnes immigrantes de la région de Québec. Nous nous intéressons tout particulièrement à leur connaissance du contexte d’insertion sociale et professionnelle de ces femmes immigrantes. Les conseillers de l’orientation professionnelle qui œuvrent à poser les jalons facilitant leur insertion ont développé à leur égard, un ensemble de compétences spécifiquement interculturelles. En adoptant une perspective égo-écologique (Zavalloni et Louis-Guérin, 1984; 1990), nous discutons des représentations identitaires professionnelles des conseillers et de leur représentation des obstacles à l’insertion en milieu minoritaire (région), caractérisée par un isolement accru, des mentalités plus réfractaires à la différence et par l’absence de niches économiques structurées favorisant l’emploi, des stratégies identitaires ce faisant et de savoirs dans l’intervention. Leur rapport à l’altérité culturelle est au cœur de cette exploration.

contenu

Introduction
Intervention en contexte interculturel et pratiques professionnelles : un regard sur l’altérité
Rendre compte de l’intervention en contexte interculturel : un regard égo-écologique
Femmes, insertion et ... isolement
Méthode

Résultats

La représentation des obstacles vécus par les femmes immigrantes selon les intervenants de l’orientation sociale et professionnelle
Le vécu personnel et familial
Réseaux de soutien et responsabilité des enfants
Conclusion


Introduction

Dans la région métropolitaine de Québec, le phénomène de l’immigration reste très marginal, et ce, malgré différents efforts dits de régionalisation, dont le but est d’attirer les personnes immigrantes dans différents centres urbains autres que Montréal. La question de l’altérité, soit de l’appréhension de la différence, y est d’autant cruciale que les catégories de référence au phénomène, à cause de son côté épars, engendre le danger d’assigner à l’Étranger une identité stéréotypée, associée à des catégorisations fixes et issues d’une perception d’une forte distance culturelle entre le groupe hôte et les personnes d’origine ethnoculturelles diverses. Nous nous intéressons ici à l’exploration des représentations que se font les conseillers d’orientation des femmes immigrantes en nous posant les questions suivantes : dans quelle mesure l’altérité culturelle est-elle appréhendée à travers une posture différentialiste ou essentialiste ? Une posture différentialiste, si elle existe, va-t-elle de pair avec une pratique innovatrice de l’orientation ? À travers les significations rattachées aux représentations identitaires d’intervenants de l’orientation professionnelle (N=20) qui travaillent à Québec, une ville largement monoculturelle, nous traitons ici de l’investissement par le Soi des qualités de l’Autre et de l’importance de cet investissement (égomorphisme) pour une pratique de l’orientation, visant à faciliter l’insertion socioprofessionnelle en situation interculturelle.

Intervention en contexte interculturel et pratiques professionnelles : un regard sur l’altérité

En psychologie, la question de l’altérité a toujours été marquée par son aspect insaisissable. Appréhendée comme unidimensionnelle à travers le regard essentialiste, elle renvoie alors à une différence chargée d’inégalité, à la xénophobie et parfois à l’exclusion (Wiervorka, 1996; 2000). Schnapper (1998) définit ainsi la pensée essentialiste : elle serait caractérisée par l’attribution généralisée de traits à tous les membres d’un groupe social, ethnique, traits issus d’un stéréotype et pouvant se rencontrer plus ou moins fréquemment ‘quand le groupe est tenu pour mauvais, seuls les traits défavorables passent pour des caractéristiques, les individus exemptés de mépris qui s’adressent à leur communauté deviennent des exceptions, atypiques’1. La représentation de l’altérité est alors liée à une dimension identitaire saillante (par sa différence avec la majorité) et standardisée. Issue du processus de catégorisation, cette appréhension de l’altérité peut alors orienter l’action, les conduites. Ainsi un intervenant guidé par une pensée essentialiste jugera l’étranger comme très différent de lui, en s’appuyant généralement sur des caractéristiques souvent stéréotypées, liées à l’origine ethnoculturelle, et ceci pourrait orienter sa pratique dans un sens ethnocentriste.

L’optique opposée, dite différentialiste, implique plutôt une représentation différenciée et nuancée de l’Autre : le conseiller d’orientation, dans sa pratique, établit alors un lien d’assimilation entre la représentation qu’il a de lui-même et celle qu’il se fait de l’Autre, dont la représentation renvoie alors non pas à une catégorie stéréotypée, mais à différentes caractéristiques issues de dimensions identitaires multiples. Ici, prime une conception de l’altérité culturelle qui est multiforme, multidimensionnelle et citoyenne plutôt qu’essentialisée : on y reconnaît chez autrui une construction identitaire personnelle, élaborée à partir de références multiples (Baccouche, 2002).

Rendre compte de l’intervention en contexte interculturel : un regard égo-écologique

Le modèle de l’identité psychosociale (Zavalloni et Louis-Guérin, 1984 ; Zavalloni, 1986 ; 2001) nous donne un cadre d’interprétation du caractère essentialiste ou différentialiste de l’appréhension de l’altérité chez l’intervenant de l’orientation professionnelle : en effet, ce modèle nous donne un outil, l’espace élémentaire de l’identité, pour explorer la dynamique et la valeur des contenus représentationnels décrivant autrui, et le degré d’association au Soi de ces caractéristiques. Dans cette perspective dite égo-écologique (Zavalloni et Louis-Guérin, 1984; Louis-Guérin et Zavalloni, 1987, Zavalloni, 1988, 2001) l’identité est une construction, motivée, qui reflète un projet individuel et une vision du monde : le contexte de fond associé aux représentations identitaires permet d’avoir accès à la logique subjective de différenciation ou d’identification face à la condition des personnes immigrantes. Dans cette optique, pour étudier la place de l’altérité culturelle dans la structure du système identitaire (Soi/Non-Soi) des intervenants de l’orientation, nous explorons la représentation des groupes d’identité professionnelle et de leur clientèle féminine immigrante qu’ils s’en font. En d’autres termes, nous explorons dans quelle mesure ils s’identifient à leur pairs qui exercent la même profession et au groupe d’altérité des femmes immigrantes.

Ces contenus représentationnels renvoient à un modèle de l’identité qui possède la particularité de permettre d’explorer l’investissement de l’Altérité culturelle dans le processus d’orientation. L’ensemble des représentations produites renvoie à l’intériorisation des relations que le Soi entretient avec des Alters significatifs et qui constituent une partie de son identité psychosociale. Car les représentations identitaires (Zavalloni, 2001) appellent à distinguer dans la représentation d’autrui, l’Alter-égo, celui qui, en tant que modèle, conduit l’identification et contribue à forger, à construire l’identité de chacun, de l’Alter-Alter, une représentation différenciée du Soi, qui appelle par des mécanismes d’opposition et de différenciation, à des sentiments d’opposition ou de compassion face à la différence. Ceci nous renvoie à la conscientisation des intervenants face à cette problématique particulière, et donc au caractère préventif de leur pratique face à la discrimination en emploi fondée sur le sexe et l’origine ethnoculturelle. Cette problématique a guidé une vaste recherche, dont cet article rapporte quelques conclusions.

Intervenir en situation interculturelle (voir Chiasson-Lavoie, et al. 1992 ; Cohen-Emerique, 1989 ; 1993, Dana, 1998 ; Legault, 2000), entraîne le conseiller d’orientation à développer un espace de négociation de son intervention face aux réalités culturelles de clients issus de différentes appartenances ethnoculturelles. En effet, l’interaction d’identités culturelles dans l’intervention en orientation sociale et professionnelle appelle à la confrontation d’univers représentationnels issus de cadres de référence potentiellement distincts (Ponterrotto et al, 1995; Sue et al, 1998 ; Barrette et al, 1996) : par exemple, la référence au travail peut être chargée d’instrumentalité pour l’un, et de coloration émancipatrice pour l’autre. Chez l’intervenant de l’orientation, la démarche qui est privilégiée pour orienter les personnes à appréhender le changement est teintée de l’influence de la culture acquise dans son milieu d’appartenance, de sa formation, des normes régissant sa pratique et du cadre institutionnel dont il est issu. Par exemple, il peut être féministe ou en faveur de l’égalité sociale et voué à encourager le développement de l’autonomie de sa cliente : celle-ci pourra quant à elle faire primer sa responsabilité familiale sur son choix professionnel.

Chez les femmes immigrantes, les stratégies d’insertion privilégiées peuvent renvoyer à la valorisation d’une affirmation individualisante pour l’une, et à une responsabilité collective ou familiale dans le choix, pour l’autre, ce qui va colorer leur trajectoire d’insertion. Les styles de communication peuvent aussi engendrer des incompréhensions mutuelles : cette confrontation à des valeurs dissemblables est l’apanage des conseillers d’orientation qui travaillent avec une clientèle immigrante. Et situer cette confrontation au cœur du système représentationnel identitaire de conseiller d’orientation nous amène à la question du rapport à l’altérité. Comment, lorsque l’Autre est différent de Soi, l’intervenant de l’orientation professionnelle structure-t-il ses représentations de l’Autre et comment cela peut-il influencer sa pratique professionnelle?

Ses valeurs constituent-elles des écrans dans la construction de sa représentation des femmes immigrantes et des obstacles qu’elles ont, spécifiquement comme femmes, à affronter lors de leur insertion en terre d’accueil et donc, dans la construction de sa pratique professionnelle?

Dans cette situation de recadrage permanent, nous explorons ici le lien entre les valeurs liées aux représentations de l’identité et de l’altérité, d’une part, et la justification des savoir-faire professionnels, constamment reconstruits par la singularité des situations originales que les conseillers d’orientation rencontrent lors de leur pratique professionnelle. Les intervenants nous révèlent, à travers le discours lié à leur identité professionnelle, à la fois la situation d’interaction telle qu’ils la vivent avec leurs clientes et la représentation qu’ils ont des femmes immigrantes. Que le contenu de cette représentation s’inscrive au cœur même de leur pratique sous-tend notre interrogation et notre exploration du contenu de cette représentation.

Nous verrons si il y a rapport de proximité, donc identification à l’Autre, si le conseiller se reconnaît dans celle-ci et, si isomorphisme il y a, nous tenterons d’en dégager la signification : nous voulons rendre compte des modes de faire associés à cette rencontre, de même que la sensibilisation des conseillers de l’orientation socio-professionnelle à la question de la double discrimination s’exerçant à l’égard des femmes immigrantes dans la société d’accueil.

La question du choc culturel les mettant dans un rapport d’éloignement, nous décrivons en particulier la représentation que les conseillers d’orientation ont du rôle des femmes immigrantes dans leur famille et la question des obstacles à contrecarrer afin d’en arriver à pouvoir s’insérer dans le contexte du travail. De plus, si relation d’éloignement, il y a (dissociation du Soi de la représentation des femmes immigrantes), il peut constituer un rapport de rupture avec l’Autre et donc orienter les stratégies privilégiées dans les pratiques professionnelles.

Femmes, insertion et…isolement

Comprendre les multiples bouleversements identitaires associés au processus de migration chez les femmes est primordial pour les conseillers d’orientation s’ils veulent intervenir efficacement (Dana, 1998 ; Poterotto et al, 1998). En effet, les femmes immigrantes rencontrent à Québec, un déracinement culturel et une rupture identitaire parfois profonde, en contexte urbain et nord-américain. Ce choc culturel s’accompagne de nombreux compromis qui parsèment leur projet d’avenir et façonnent la construction d’une image professionnelle nouvelle. Être femme, mère, exercer sa profession dans un milieu nouveau où les règles qui régissent les rapports humains et organisationnels sont souvent très différentes de celles connues à l’origine, entraîne parfois des difficultés dans les relations de couple, une fréquente surexploitation du milieu de travail et de doubles tâches associées à isolement et épuisement (Labelle et al, 1987). Leur inscription identitaire en terre d’accueil se fait, de plus, par comparaison à une représentation occidentale de la femme, ce qui confronte les femmes immigrantes à vivre une dichotomie entre leur propre image d’elles-mêmes et l’image d’elles qui est construite par l’Autre (Weinreich, 1983; Lalonde, Taylor et Moghaddam, 1992; Kasterztein, 1990; Wittebrood et Robertson, 1991).

Méthode

Sujets

Les intervenants de l’orientation sociale et professionnelle

Vingt intervenants de l’orientation professionnelle forment l’échantillon: ils ont été rencontrés dans la région métropolitaine de Québec. Ces conseillers sont des employés de ministères fédéraux et provinciaux, d’organismes visant l’insertion des personnes immigrées, d’organismes communautaires, etc. Ils ont été recrutés en fonction de leur disponibilité à pouvoir participer à la recherche : précisons que la totalité des conseillers qui ont été rejoints ont accepté de participer à la recherche. Les caractéristiques des répondants se retrouvent en première partie de la prochaine section (résultats).

Les outils d’investigation

Nous avons utilisé l’Investigateur Multistade de l’Identité Sociale (IMIS). Cet Investigateur Multistade de l'Identité Sociale, IMIS, développé par Zavalloni et Louis-Guérin (1984) permet l’étude de la construction identitaire professionnelle, et a été adapté ici, afin de rendre compte essentiellement des représentations identitaires des groupes de la profession et de la représentation des femmes immigrantes, par les intervenants rencontrés. Cet outil permet de colliger, en trois temps (1. la production de représentations des groupes d’identité et d’altérité 2. l’introspection focalisée et 3. la contextualisation représentationnelle), des représentations identitaires : ici, chaque représentation identitaire est associée en pensée de fond, à un réseau d'expériences, de souvenirs, d'images, d'affect qui forment la trame de sens de la représentation et lui donne sa valeur. Pour accéder à la pensée de fond liée aux représentations identitaires des intervenants, la procédure consiste à reprendre chaque représentation de soi et du monde produite par un intervenant à partir de l’I.M.I.S. et selon un protocole thématique précis, d'élucider le parcours collectif de la représentation (projets et privations au niveau social) et son parcours individuel (réalisations, projets et manques au niveau personnel, stratégies d'adaptation et de défense, modèles d'identification, d'opposition ou de différenciation (Zavalloni et Louis-Guérin, 1984). Le discours très riche et structuré qui s’ensuit peut donner lieu à des analyses des dynamiques identitaires de chacun des sujets. Nous présentons ici quelques dimensions de la structure (Soi/Non-soi; valeur des représentations; contenu thématique) des catégories identitaires retenues, ainsi que des fragments de discours représentatifs. Ces analyses de contenu portent sur l’ensemble des représentations produites par les répondants et sur le contexte qui leur est lié.

Enfin, la connaissance, chez les intervenants, des obstacles vécus par les femmes immigrantes et de la double transition socioprofessionnelle et culturelle a été explorée. Nous avons développé un questionnaire sur la représentation des obstacles rencontrés par les personnes immigrantes, accompagné de questions ouvertes ciblant le point de vue particulier de l’intervention : le suivi, l’accompagnement du choc culturel, les pratiques face à l’estime de soi, la connaissance des réseaux de soutien, des réseaux communautaires, des types d’entreprise où sévit plus la discrimination.

Résultats

A) Les caractéristiques des répondants

Les participants à cette étude sont 4 hommes et 16 femmes. En très grande majorité, ils travaillent dans des organismes du secteur public via des organismes voués au 18-35 ans et des centres locaux d’emploi ou organismes destinés principalement à l’intégration des immigrants alors que 20 % d’entre eux se retrouvent œuvrer dans le secteur communautaire. Leur ancienneté de poste (soit dans les entreprises où nous les avons rencontrés) est en moyenne de 3 années. Plusieurs d’entre eux sont eux-mêmes issus de groupes ethnoculturels ( 66 %), une proportion qui caractérise de façon aiguë les répondants féminins que nous avons interviewés.

B) Comment les intervenants se représentent-ils les femmes immigrantes?

L’immigration et l’arrivée en terre d’accueil, avec les différentes dynamiques qu’elles provoquent au niveau identitaire chez les personnes, peuvent être considérées comme des transitions : en ce sens, s’insérer au niveau professionnel comporte de multiples imbrications avec l’insertion culturelle, sociale. S’intéresser à l’insertion professionnelle des personnes immigrantes, c’est donc aussi être conscientisé aux conditions de leur intégration et à leur rayonnement potentiel dans la communauté. Dans la ville de Québec, la clientèle immigrante constitue 3% des personnes en recherche d’un emploi : les statistiques informelles nous indiquent que ces personnes vivent des trajectoires marquées par la précarité, plusieurs éléments pouvant exercer un impact négatif sur l’obtention d’un emploi chez cette clientèle, éléments comme la méconnaissance du marché du travail, les manques de réseaux, la vétusté et non reconnaissance de la formation professionnelle ou scolaire acquise en pays d’origine, tous des éléments qui s’ajoutent à des obstacles d’ordre social comme le racisme et la discrimination, ayant pour conséquence une trop fréquente pauvreté.

Dans ce contexte d’isolement, la personne immigrante risque de vivre plus de difficultés d'insertion dans son nouveau milieu, étant donné que sa communauté d'origine ne peut pas non plus atténuer la rupture par des points de repère familiers. Car la communauté ethnoculturelle d’origine, à laquelle s'identifie le nouvel arrivant constitue un facteur facilitant à son insertion dans la société d'accueil (Bertot et Jacob, 1991). La condition des femmes immigrantes émerge comme d’autant plus préoccupante dans ce portrait global : souvent éducatrices des enfants, travaillant à la maison, elles vivent un isolement marqué qui a un impact sur leur ‘retard’ dans l’insertion professionnelle, une entrée plus tardive que celle de leurs conjoints à laquelle elles pallient selon les intervenants rencontrés, par divers moyens d’ordre motivationnels.

Les graphiques 1 et 2 qui suivent illustrent le degré d’association au Soi (identité) et de différenciation-opposition (altérité) qu’expriment les conseillers d’orientation par rapport à leurs représentations des femmes immigrantes.

Graphique 1
La représentation des femmes immigrantes qu’ont les intervenants de l’orientation professionnelle

On remarque un niveau d’association au Soi des représentations de l’altérité (les femmes immigrantes) qui est de l’ordre de 60%. Le graphique 2 montre les contenus positifs de la représentation des femmes immigrantes. Nous nous sommes centrées ici sur ces contenus qui témoignent d’un isomorphisme entre les représentations de Soi comme professionnels et les représentations des femmes immigrantes.

Graphique 2
Le contenu positif de la représentation des femmes immigrantes

c) Les représentations identitaires professionnelles

Elles et Nous : le profil-type

Les intervenants de l’orientation sociale et professionnelle se sont prêtés à la description des représentations des femmes immigrantes (Les femmes immigrantes sont…) et de leurs catégories identitaires professionnelles (Nous-Eux, les conseillers d’orientation, nous sommes… ils sont…). Le tableau 1 qui suit illustre ces contenus selon qu’ils s’appliquent au Soi ou au Non-Soi.

Convergence/divergence des représentations de l’Autre par rapport aux catégories identitaires (égomorphisme/allomorphisme)

Le contenu de la représentation des femmes immigrantes renvoie aux caractéristiques suivantes : force, capacité d’adaptation, persévérance et courage. L’isomorphisme est très élevé pour ce groupe de professionnels : on remarque qu’il renvoie à des personnes signifiantes dans l’entreprise pour les conseillers des différents milieux. Ce qui veut dire que les femmes immigrantes sont décrites à travers des catégories de contenu qui sont réappropriées par le Soi aux niveaux professionnel et personnel (elles sont fortes, c’est là une caractéristique qui s’applique à moi dans telle ou telle mesure).

Nous avons vu plus haut que plusieurs des qualités attribuées aux femmes immigrantes sont investies, au niveau identitaire, par les conseillers d’orientation. Cela signifie qu’ils s’approprient aussi les caractéristiques qui colorent leur représentation des femmes immigrantes : la question est maintenant d’explorer le glissement de sens qui s’effectue lors de cet isomorphisme et les possibles imbrications qui existeraient avec leur rôle professionnel. Nous présentons seulement quelques exemples ici : ils s’organisent autour des mots identitaires suivants, dotés d’une charge émotive élevée : les femmes immigrantes sont vues comme fortes, persévérantes et capables d’adaptation.

La persévérance, caractéristique du processus d’intégration en terre d’accueil pour leurs clientes, qui colore, à leur niveau, le processus d’intervention, construit à travers les multiples confrontations de sens au quotidien et les recadrages constants. Une persévérance à traduire, expliquer, accompagner doucement la mutation tranquille mais combien brutale aussi du cadre de référence de leurs clientes. Persévérance aussi à donner l’information requise et à la contextualiser selon son sens en pays d’accueil, au niveau du milieu du travail : à travers ce transfert de connaissances, on renseigne sur le milieu de travail et ses attentes tout en adoptant une visée d’acceptation des particularités culturelles dans l’interprétation de ces attentes. On constate alors que la signification attribuée à la persévérance s’imbrique intrinsèquement à la signification du contenu de la représentation identitaire ‘capables d’adaptation’. Alors que les femmes immigrantes semblent intégrer rapidement les codes et conduites nouvelles porteurs d’avenir professionnel, en s’adaptant, c’est à travers le processus d’intervention que se négocient ces nouvelles compréhensions, ce qui exigent que les intervenants se confrontent à leurs propres catégories pré-établies : eux aussi sont donc ‘capables d’adaptation’ car en constant recadrage.

Le discours associé à la force nous renvoie, lorsqu’il est appliqué à eux-mêmes (au Soi) par les intervenants de l’orientation professionnelle, singulièrement et de façon paradoxale, à l’impuissance : une impuissance face au système social souvent discriminatoire à favoriser l’insertion des femmes dans le milieu du travail. Celle-ci est liée au résultat de l’intervention (placement en emploi ou non) et non au processus de l’intervention, lequel est porteur de la construction d’une conduite engagée, orientée vers la conscientisation. De là la relation d’implication existant entre ces deux contenus de la représentation identitaire des femmes immigrantes.

Nos données indiquent que ces intervenants de l’orientation professionnelle comprennent le processus de ruptures-intégration de l’identité des femmes immigrantes. Ce pas dans l’intégration de la représentation des femmes immigrantes au contenu de leur propre identité psychosociale semble franchi par les conseillers d’orientation, étant donné le degré d’isomorphisme élevé des représentations de l’Autre. Nos données indiquent que cette intégration d’autrui à leur subjectivité se fait via une relation d’identification-opposition liée au rôle féminin dans la famille, c'est-à-dire via une représentation occidentalisée de la femme en société, représentation dichotomisée par le quotidien jugé traditionnel de leurs clientes, qui contraste avec leurs valeurs. Ce qui veut dire que les conseillers d’orientation appréhendent bien l’altérité culturelle à travers un regard différentialiste, mais que celui-ci est modulé par leur compassion/rejet pour la condition de soumission de leurs clientes face aux obligations culturelles liées à leur rôle de mère.

Sachant cette conscience présente, voyons maintenant comment les intervenants de l’orientation professionnelle jugent les obstacles que rencontrent leurs clientes dans leur tentative d’insertion sociale et professionnelle.

La représentation des obstacles vécus par les femmes immigrantes selon les intervenants de l’orientation sociale et professionnelle

Tenter de s’intégrer dans la société d’accueil entraîne souvent chez les immigrants un perte de repères, culturels, sociaux et psychologiques : les conséquences en sont parfois lourdes. Les conseillers d’orientation sont conscients de ces bouleversements identitaires. Ainsi, nous dit une conseillère d’orientation :

«…moi, ça me donne l’impression que, non seulement les femmes immigrantes, les hommes aussi et, en général, l’immigrant arrive comme ça; il est catapulté dans une société complètement différente. Je ne parle pas du Français, qui est venu au Québec, deux, trois fois et qui a décidé d’immigrer. Je prends l’exemple de l’immigrant ( ) dont la culture est vraiment complètement différente ; cette personne arrive, ses diplômes ne sont pas reconnus, elle n’a pas l’expérience d’ici, elle ne connaît pas les repères même géographiques de la ville. C’est comme un enfant qu’on jette dans le noir, c’est pour ça que je dis qu’elles sont perdues…»

«…elles sont démunies, parce qu’elles n’ont aucun moyen, les choses ne sont pas faciles pour elles, elles doivent recommencer à zéro…»

Le vécu personnel et familial

Les femmes immigrantes sont perçues comme ayant un vécu parfois incompatible avec l’emploi : elles sont vues comme contrôlées par leur mari, traditionnelles, comme priorisant les membres de leur famille à leur détriment :

«ce qui nuit à leur insertion c’est l’homme qui vient en premier lieu chercher le travail. Quand elle vient c’est après plusieurs années. Quand le mari s’est trouvé un travail, même quand elle a une maîtrise ou un doctorat avec plusieurs années à la maison elle ne peut plus s’intégrer ou travailler. Même si tu as un ‘grand’ diplôme, tu ne peux pas travailler.

Elles sont aussi responsables des enfants, ce qui les confine à être isolées et démunies. Ici, les discours des intervenants convergent : l’isolement renvoie au manque de réseaux de contacts et à l’absence d’enclaves économiques dites ethniques dans la région de Québec qui favoriserait une insertion en emploi par le biais du ‘bouche à oreille’.

Réseaux de soutien et responsabilité des enfants

«un autre obstacle, aussi, c’est le manque de réseaux de contact, de réseaux pour se trouver rapidement quelque chose parce que les gens sont isolés. On a dit aussi que les emplois, souvent, ils vont se donner par contact. Les gens, que vous connaissez, les gens, qui arrivent, n’ont pas de réseaux de contact nécessairement et moins, encore, la femme immigrante parce qu’elle est comme à la remorque de son mari, souvent et c’est ce mari-là, que lui, il va à l’extérieur souvent, qu’il va essayer de se trouver du travail plus rapidement que la femme et souvent la femme peut avoir un autre obstacle. Elle arrive avec des enfants à bas âge ou elle est enceinte, elle accouche, tout ça, ce sont des obstacles pour accéder rapidement au marché du travail…»

Dans la ville de Québec, plusieurs ressources existent afin de faciliter l’insertion des personnes immigrantes. Les employeurs sont cependant perçus comme peu enclins à former leur personnel à s’adapter aux besoins particuliers des immigrants ou encore à le sensibiliser afin de favoriser une intégration harmonieuse au travail. Selon nos intervenants, les femmes immigrantes font face à des trajectoires d’insertion plus fortement marquées par la précarité que leurs confrères masculins, leur recherche d’emploi est plus tardive (un arrêt parfois facteur d’exclusion face à un poste où une expérience est requise en société d’accueil), elles semblent arriver moins bien à faire reconnaître leurs diplômes ou expériences obtenus en société d’origine. Responsables des enfants, elles rencontrent plus de difficultés à se libérer que les hommes pour s’inscrire à des cours de français, etc.

Les obstacles à l’insertion sont nombreux : les conseillers d’orientation perçoivent comme cruciaux, le manque de disponibilité (temps) pour la recherche d’emploi, la responsabilité perçue de la résolution des problèmes familiaux pour les femmes, le manque de connaissance du marché de l’emploi, le manque de moyens matériels appropriés pour la recherche d’emploi, la non maîtrise de langue du pays

«…le premier obstacle, ça peut être l’obstacle de la langue pour ceux, qui ne sont pas francophones et cet obstacle, je peux dire qu’il est d’autant plus sérieux quand la personne vient d’un pays où la structure de sa langue à elle est loin de la structure du français. Je dirais que, peut-être, pour les hispanophones, c’est plus facile que pour les Serbes, les Bosniaques, où la structure de la langue est slave.»

la non reconnaissance des diplômes et le manque de formation appropriée

«…ici, les diplômes; ils sont dévalués ou il y en a qui ne sont pas reconnus du tout et la personne ne peut pas faire grande chose avec ça. À part ça, on peut parler aussi de l’inadéquation de la formation parce que la personne peut venir d’un certain pays où la technologie n’a pas été intégrée comme ici et même s’il a beaucoup d’expérience, 20 ans d’expérience ou 15 ans d’expérience et qu’il arrive ici, il y a quelques nouvelles choses qu’il doit adapter. Ça, ça la défavorise au départ…»

les obstacles érigés par les ordres professionnels

«…il y a aussi les ordres professionnels et les associations diverses à Québec. Je pense que le Québec est très porté sur la chose, de protéger toujours une profession. Les médecins par exemple, impossible de ‘rentrer’ et c’est la même chose pour beaucoup d’ordres : les ingénieurs, l’ordre des infirmières, les associations de ci, de laboratoires de ça et les cartes de compétences pour les gens qui travaillent dans la construction. Toutes ces choses-là font que quand les personnes arrivent, même si elles ont beaucoup d’expérience, elles sont bloquées parce qu’elles ne peuvent pas souvent ‘entrer dans les ordres’; il faut recommencer les études à zéro. Québec ne fait pas encore cet effort-là, je ne sais pas si c’est au niveau de l’éducation, que ça doit se faire…»

le manque de réseaux qui permettent l’insertion et, finalement, le manque d’adaptation à la culture du pays. À tout cela s’ajoute un obstacle de taille :

Il y a aussi l’obstacle psychologique souvent. L’obstacle psychologique, le stress dû aux guerres, les obstacles d’ordre psychologique; on peut trouver les gens qui vont jusqu’à la dépression. Le fait de voir ses diplômes dévalorisés, de voir qu’on n’a pas d’avenir, que tout est bloqué, qu’il faut aller recommencer à zéro, tout ça, quelquefois, ça fait que les gens se dévalorisent eux-mêmes et perdent confiance en eux…».

Cependant, seuls les obstacles découlant des responsabilités familiales (résolution des problèmes familiaux, manque de disponibilité pour la recherche d’emploi, difficulté dans les opportunités d’apprendre la langue du pays d’accueil et l’isolement), tous interreliés, caractérisent la situation des femmes de façon plus aiguë que celle des hommes, selon les conseillers d’orientation. Elles mettent alors en œuvre des moyens qui leur permettent de combler le ‘retard’ dans leur insertion socioprofessionnelle, qui sont d’ordre motivationnel. Et la question de la discrimination est associée à une dimension culturelle plutôt qu’à la dimension du genre. Ainsi, nous dit une intervenante :

‘Elles vont vivre de la discrimination, j’ai vu par exemple des exemples de personnes qui n’ont pas été retenues, je crois que c’est par rapport à leur nom (consonance), ce ne sont pas des choses que l’on peut vérifier, on ne peut pas aller voir l’employeur et lui dire ‘à compétences égales’, on ne sait pas comment définir cette compétence, c’est un mot très flexible’.

Enfin, certains obstacles sont perçus comme structurels à l’entreprise : le manque de programmes visant l’intégration des employés, le manque de formation en entreprise, la xénophobie des employeurs… Ainsi, nous dit une intervenante :

«…c’est sûr que c’est la couleur de la peau. Il y a aussi la langue parce que la personne peut avoir peur que la personne non francophone n’écoute pas bien les consignes ou ne s’intègre pas à l’équipe, mais moi, je me pose la question. L’employeur qui va te dire moi, je n’ai aucun problème avec ça, sauf que j’ai peur que les employés ne l’acceptent pas. Souvent, c’est à partir de lui, que le problème commence, il en n’est pas conscient. On entend beaucoup de choses comme ça mais moi, je pense que c’est à partir de lui, ce n’est pas à cause des employés…»

Conclusion

Nous avons exploré le rapport à l’altérité culturelle de quelques intervenants de l’orientation sociale et professionnelle de Québec. Ce rapport, marqué par une posture différentialiste, semble porteur d’une pratique innovatrice et adaptée : car les attentes que les femmes immigrantes ont, face aux intervenants, bien que minimales à leur début (il leur faut trouver un emploi) débordent largement le simple conseil d’orientation professionnelle. Aussi, les conseillers s’efforcent, à travers leur pratique, de faire comprendre à leur clientes les codes culturels, les mimétismes obligés, les façons de dire et de faire pour réussir l’entrevue d’emploi. En ce sens, l’intervention en orientation professionnelle, via une adaptation au style d’apprentissage de l’autre, tient beaucoup au transfert de compétences sur les modes de communication interculturelle. Et une attitude d’ouverture à l’Autre dans ce contexte, de même qu’une connaissance aiguë des obstacles que cette clientèle différente aura à affronter, leur permet de mieux les orienter vers des stratégies de contournement et d’affirmation de leurs différences dans leur inscription professionnelle.

auteur

Hélène Cardu, Ph.D. est psychosociologue et professeure en sciences de l’orientation au département des fondements et pratiques de l’Université Laval. Elle est aussi membre associée du CRIEVAT, le Centre interuniversitaire sur l’éducation et la vie au travail. Elle travaille sur la construction identitaire professionnelle en situation de mouvance. Ses recherches portent sur les trajectoires d’insertion socioprofessionnelle des femmes immigrantes, l’intervention en contexte interculturel et, au niveau organisationnel, sur les questions de la violence au travail, de la réinsertion au travail de victimes de stress post-traumatique ayant été victime de violence sur les lieux de travail, de même que sur les réseaux de soutien social en entreprise dans un but de prévention tertiaire de la violence. Courriel: Helene.Cardu@fse.ulaval.ca

Mélanie Sanschagrin est étudiante à la maîtrise en sciences de l’orientation, au département des fondements et pratiques de l’Université Laval et assistante de recherche. Ses intérêts portent sur l’identité et les valeurs des conseillers d’orientation.

notes

  1. SCHNAPPER, D. (1998). La relation à l’autre : Au coeur de la pensée sociologique, p. 23

abstract

In this article, we discuss the way that career counsellors in the Quebec City area view immigrant women and obstacles to their integration into society and the workplace. We focus particularly on the counsellors’ knowledge of the context in which such immigrant women are integrated into society and the workplace. Career counsellors who do the groundwork to help them integrate have developed a set of specifically intercultural skills with respect to such women. Adopting an ego-ecological perspective (Zavalloni and Louis-Gérin, 1984; 1990), we discuss how the counsellors see the workers and the obstacles to integration into a minority community (outside of a major centre) characterized by greater isolation, attitudes that are less open to differences and an absence of structured economic niches favouring employment. We also discuss the resulting strategies for creating identities and knowledge in intervention. The counsellors’ relationship to cultural differences is at the heart of the discussion.

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