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La place des petits boulots dans la construction de l’identité professionnelle des étudiants

 

Valérie COHEN-SCALI


auteure

résumé/abstract

La recherche exposée dans cet article part du constat de l’accroissement, au cours des dix dernières années, du nombre d’étudiants qui travaillent en faisant des études. Ce constat a conduit à la question centrale de cette recherche : travailler en étudiant a-t-il des effets sur la construction de l’identité professionnelle des jeunes ? Cette question s’inscrit dans une réflexion plus large que le rôle des relations entre représentations et expériences dans la dynamique identitaire. Une enquête quantitative auprès d’une population de 208 étudiants de première année de psychologie a été réalisée. Le questionnaire auto administré a donné lieu à des traitements statistiques approfondis. Les résultats soulignent que les expériences de petits boulots s’associent aux représentations de soi, du travail et de l’avenir pour définir des trajectoires professionnelles et des formes identitaires.

contenu

Introduction

I - Les petits boulots peuvent-ils influencer la construction identitaire des jeunes ?

II - Problématique, hypothèse et méthodologie

III - Résultats

IV - Interprétation des résultats



Introduction

Un nombre de plus en plus important de jeunes travaille en faisant des études. C’est ce qu’ont mis en évidence plusieurs enquêtes récentes. Dans une recherche approfondie sur les modes de vie étudiants, Erlich (1998) constate que près de 65 % des étudiants ont occupé un emploi rémunéré avant la fin de leurs études. Ils n’étaient que la moitié dans cette situation trente ans plus tôt. 41% déclarent travailler pendant les vacances et 24% pendant l’année. Dans l’enquête du CEREQ (2001) portant sur les jeunes sortis du système scolaire en 1998, 70% déclarent avoir déjà exercé une activité professionnelle pendant leurs études. Par ailleurs, le nombre d’étudiants salariés a doublé en 10 ans (Bordigoni et Vergnies, 1997). Ainsi, selon une étude de l’Insee, un tiers des étudiants ou élèves âgés de 17 à 30 ans exerce au cours de l’année une activité rémunérée (Valdelièvre, 2001). Cette proportion augmente avec l’âge. Les plus jeunes choisissent des emplois effectués pendant les vacances. Pour les moins de 20 ans, en effet, les emplois occupés correspondent à des activités à temps partiel procurant un petit appoint financier (Grignon, 2000). Après 25 ans, un étudiant sur deux exerce un emploi tout au long de l’année. Ainsi, en 1er cycle, seuls 8% des étudiants travaillent pendant l’année universitaire contre 24% des étudiants de 2ème cycle et 40% en 3ème cycle. Ce phénomène est important, et on peut remarquer qu’il a été pourtant peu étudié à ce jour. Pourtant, on peut s’interroger : l’expérience des petits boulots joue-t-elle un rôle sur les représentations de soi, sur les conceptions du travail et sur les projets professionnels ?

Pour tenter de répondre à ces questions, nous avons entrepris une enquête auprès d’une population de 208 étudiants de première année de psychologie. Nous avons voulu cerner leurs choix d’orientation et leurs intentions en terme d’insertion en fonction des caractéristiques des expériences professionnelles rencontrées en cours d’études.

Nous présentons dans un premier temps le cadre théorique de la recherche centré sur la mise en évidence des effets des expériences de travail et des représentations sociales sur la construction des identités professionnelles. Ces travaux montrent en effet, que les expériences en entreprise sont intégrées dans la dynamique identitaire grâce aux processus représentationnels.

Nous exposerons ensuite notre problématique et notre hypothèse. La méthodologie fournira des indications sur l’outil utilisé et la démarche de collecte et de traitement des données. Enfin, nous interpréterons nos résultats en regard de notre hypothèse avant de conclure.

I - Les petits boulots peuvent-ils influencer la construction identitaire des jeunes ?

Chercher à comprendre le rôle des expériences professionnelles des étudiants et plus particulièrement leur influence sur l’identité professionnelle implique de prendre en compte deux ensembles de travaux :
- des travaux centrés sur le rôle des expériences professionnelles sur l’identité professionnelle,
- d’autres s’intéressant aux processus qui alimentent la dynamique identitaire et plus particulièrement aux représentations sociales.

I - 1 - Expériences de travail et Identité professionnelle

L’identité professionnelle, notion qui polarise de nombreuses réflexions depuis les débuts de la crise de l’emploi dans les années 70, apparaît comme un type d’identité spécifique, distinct de l’identité collective et de l’identité sociale même si elle entretient avec ces deux notions des relations très étroites. Dubar (1991, p.21) souligne qu’elle est associée au développement de perspectives d’avenir « une identité professionnelle de base (…) constitue non seulement une identité au travail mais aussi et surtout une projection de soi dans l’avenir, l’anticipation d’une trajectoire d’emploi et la mise en œuvre d’une logique d’apprentissage ou mieux de formation ». Sainsaulieu (1977), qui a conduit plusieurs ensembles de travaux depuis les années 70 sur l’identité au travail, a montré comment le milieu de travail et l’expérience de travail contribuaient en grande partie à la construction des ces identités. Il souligne le rôle de l’articulation entre trois dimensions de l’organisation :
- Les relations de pouvoir, les stratégies d’acteurs, la maîtrise des zones d’incertitude.
- La mise en œuvre des innovations en entreprise qui sont l’occasion d’agir et de se faire reconnaître,
- La définition de perspectives d’avenir professionnel et de promotion dégagées dans l’expérience du travail et les formations.

Puis l’auteur met en évidence le rôle de deux axes centraux pour la construction identitaire (Sainsaulieu et al. 1995): L’axe de l’intégration collective dans l’entreprise définie par deux dimensions :

- La règle, correspondant à la valorisation du statut, une faible implication dans le travail et une atomisation des relations.
- Les interactions de travail soient, les échanges ouverts avec la hiérarchie, une implication forte dans le travail, la promotion de valeurs de dépassement et d’accumulation des expériences.

L’axe des sociabilités oppose :

- des sociabilités fortes : caractérisées par des relations intenses avec les collègues, l’existence d’esprit maison, des valeurs de solidarité et de métier ;
- des sociabilités faibles : correspondant à des relations limitées entre collègues, un retrait par rapport à la vie de l’entreprise et un attachement à la trajectoire individuelle.

A partir du croisement de ces deux axes, l’auteur a pu identifier différents modèles identitaires qui montrent que les relations de travail sont en général au centre de la construction de l’identité professionnelle.

Outre le rôle des relations dans le travail, Morrison (Depolo, Fraccaroli et Sarchielli, 1998) a montré le rôle actif des jeunes eux-mêmes dans leur socialisation professionnelle. Ils ne subissent pas passivement les effets de l’organisation, mais interviennent activement pour s’intégrer dans une entreprise. Le jeune développe une importante activité de recherche d’informations qui fait intégralement partie de son expérience professionnelle. Il recherche des informations techniques pour mieux réaliser sa tâche, des informations visant à clarifier son rôle, des informations sur les normes et les valeurs de l’entreprise et sur ses performances. La disponibilité de ces informations favorise la clarté de rôle, des représentations mieux définies de soi comme professionnel.

Les expériences professionnelles contribueraient donc de différentes manières à la construction de l’identité professionnelle des jeunes. Elles favoriseraient la connaissance de soi dans un contexte souvent nouveau pour les jeunes, l’intégration dans un réseau de relations professionnelles et l’identification éventuelle de trajectoires professionnelles futures. Quels processus psychosociologiques interviennent plus particulièrement dans l’émergence de cette dynamique identitaire liée au contact avec l’expérience directe de travail ?

I - 2 - Représentations sociales et dynamique identitaire

Les représentations sociales ont donné lieu à plusieurs définitions dont la plus connue est celle de Jodelet (1989, p.53) « C’est une forme de connaissances, socialement élaborée et partagée ayant une visée pratique et concourant à la construction d’une réalité commune à un ensemble social ». Outre une fonction d’orientation des conduites pour l’action, les représentations disposent d’une fonction identitaire très présente (Abric, 1994). La relation entre identité et représentation est complexe. Pour Breakwell (1993) par exemple, l’identité influence les processus représentationnels : être membre d’une organisation permet une exposition aux représentations de ses membres.

En revanche, pour Costalat-Founeau (1997), les identités professionnelles sont générées par les représentations sociales. Grâce au processus d’ancrage mis au jour par Moscovici (1961) qui consiste en l’incorporation de nouveaux éléments de savoir dans un réseau de catégories familières, les nouvelles expériences de la vie quotidienne et notamment les expériences de travail viennent enrichir les représentations antérieures. C’est plus particulièrement grâce à la transformation des représentations de soi que l’identité évolue.

Les expériences de travail peuvent être définies comme des « pratiques, systèmes d’action socialement structurées et instituées en relation avec des rôles » (Jodelet et Moscovici cités par Abric, 1994, p.217). C’est grâce à la relation dynamique entre les représentations et les pratiques que l’identité professionnelle se construit chez les jeunes. Pour Herzlich (1972) les recherches montrent que ces deux processus, représentations et pratiques, sont fortement liés. Certains travaux soulignent en effet que les expériences directes favorisent la transformation des représentations sociales et constitueraient le principal levier du changement individuel (Castra, 2003). L’action pourrait donc avoir un effet spécifique et puissant sur les cognitions. Pour Castra reprenant d’Amério et De Piccoli « l’action ne se réduit pas au faire. Elle insère le sujet non pas (ou pas seulement) dans un contexte d’objets mais aussi dans un contexte de relations. D’où l’hypothèse d’un effet de concrétisation cognitive de l’action : les attitudes formées au cours d’expériences et de conduites effectivement réalisées sont plus stables ; ces effets de concrétisation sont en relation avec les processus de construction identitaire car l’action amène l’acteur à se différencier du contexte tout en y cherchant des relations. Les auteurs concluent que l’ensemble de ces concrétisations, comparaisons et différenciations induites par l’action contribuent à l’élaboration ou à l’enrichissement de représentations communes de la part d’individus regroupés par l’action ainsi qu’à la construction d’une identité sociale plus marquée et plus stable » (Castra, 2003, p.71).

L’absence de pratiques concernant un objet induirait une représentation moins structurée que si une pratique existe. Les pratiques auraient un fort impact sur la structure des représentations. Complémentairement, les représentations influencent également les pratiques « chaque fois que nous acquérons ou modifions une représentation sociale, nous changeons par la même occasion un certain nombre de comportements dirigés vers les autres et vers nous-mêmes » (Moscovici, 1986, p.55, cité par Doraï, 1989, p.97). Abric (1994) confirme que les représentations guident les comportements et constituent une orientation pour l’action. Les comportements seraient déterminés par quatre composantes de la représentation : représentation de soi, de la tâche, des autres et du contexte. Les expériences de travail concourent à la construction de l’identité professionnelle car elles pourraient provoquer une transformation des représentations ; en retour, les représentations pourraient induire certains choix d’expériences professionnelles et alimenter ainsi la dynamique identitaire.

III - Problématique, hypothèse et méthodologie

Les expériences des petits boulots, pourtant fort répandues parmi les étudiants, sont rarement prises en compte dans le cadre de leur orientation scolaire et professionnelle. Ainsi, Guichard et Huteau (2001) reconnaissent que les procédures d’orientation reposent sur « un dialogue entre les familles et les enseignants où les évaluations de ces derniers tiennent une place capitale » (2001, p16). Or, comme le montre Dubet (1994), seul un minimum d’étudiants peuvent accorder leurs désirs avec leurs projets. Aussi les petits boulots nous paraissent pouvoir offrir pour un certain nombre de jeunes, des opportunités d’orientation ou d’insertion. Certains travaux précédemment cités ont montré le rôle des expériences subjectives sur la transformation identitaire notamment le rôle des relations sociales et d’un ensemble de représentations qui concourent à la construction de l’identité professionnelle : les représentations de soi, les représentations du travail et les représentations de l’avenir.

De notre point de vue, les expériences professionnelles peuvent transformer certaines représentations de soi, de travail et de l’avenir. Cependant, il est probable que les représentations sociales des jeunes concernant ces différents objets vont en retour influencer leurs choix d’expériences de petits boulots. Notre objectif est de cerner comment les expériences de travail concourent à la construction de l’identité professionnelle des jeunes. Nous faisons l’hypothèse que les expériences de travail jugées positives, enrichissantes peuvent avoir un effet positif sur un ensemble de représentations sociales : de soi, du travail et de l’insertion. Complémentairement, nous pensons qu’une expérience jugée négativement pourrait avoir l’effet inverse : concourir à des représentations plus négatives de soi, du travail et de l’insertion. Dans le premier cas, les petits boulots pourraient faire émerger de nouvelles perspectives professionnelles. Dans le second cas, des expériences négatives induiraient des doutes sur soi et son avenir.

Notre principale variable indépendante est « L’évaluation des petits boulots ». Nous avons trois variables dépendantes : les représentations de soi, les représentations du travail et les représentations de l’avenir.

Pour développer cette réflexion et tester l’hypothèse, une enquête quantitative a été réalisée auprès de 208 étudiants de 1ère année de psychologie.

1/ Les caractéristiques personnelles des étudiants
Cette partie comportait des questions concernant le sexe, l’âge, la catégorie socio-professionnelle des parents, la filière du Bac.

2/ Les caractéristiques des expériences professionnelles
Elles correspondaient à des questions sur le nombre d’expériences de travail et leurs durées, sur leur déroulement pendant l’année et /ou pendant les vacances et l’âge du premier emploi.

3/ L’évaluation des expériences professionnelles par un inventaire en 8 items
Un inventaire en huit items était proposé aux étudiants et auquel ils devaient répondre sur une échelle en 6 points. Ces items fournissaient des réponses à la question : « Qu’avez vous pensé des petits boulots que vous avez exercés ? ». Exemples de réponses : ont seulement servi à gagner de l’argent, ont permis de définir un projet professionnel, ont montré le côté négatif des relations humaines, ont aidé à mieux connaître ma personnalité…

4/ Les représentations liées au travail ont été évaluées grâce à un inventaire en 20 items (Cohen-Scali, 1999) inspiré d’un inventaire utilisé par Tapia (1994) dans une vaste recherche sur les attitudes des étudiants. Il comprend plusieurs volets :
• l’implication dans le travail
• l’intérêt pour la compétition
• l’intérêt pour l’argent
• le respect du pouvoir et des règles
• l’esprit d’équipe
• l’innovation dans le travail

5/ Les représentations de soi dans le futur
Les étudiants devaient répondre à des questions sur les diplômes souhaités et sur les projets professionnels. Ils devaient exprimer leur perception de l’insertion, la durée escomptée pour trouver un emploi et leur plus ou moins grand pessimisme/optimisme concernant l’avenir professionnel.

6/ Les représentations du soi actuel renvoient à l’estime de soi qui était évaluée grâce à l’inventaire en 10 items de Rosenberg (1965).

Le traitement a conduit à utiliser deux logiciels SAS et SPSS. Des tris à plat, tris croisés ont d’abord été réalisés. Nous avons vérifié la signification des croisements de variables par le calcul de Khi2. Nous avons également effectué des comparaisons de moyennes. Nous avons procédé à la réalisation d’Analyses Factorielles des Correspondances (1) et de typologies. Une partie des résultats issus de ces traitements est exposée dans la suite de cet article.

IV - Les résultats

D’abord nous présentons les caractéristiques de la population interrogée puis détaillons la manière dont fut construite notre principale variable indépendante : l’évaluation des petits boulots.

IV - 1 - Les caractéristiques de la population interrogée par questionnaire

Les 208 étudiants interrogés se répartissent entre 87,5% de filles et 12,5% de garçons, déséquilibre traditionnel dans la section de psychologie (2).

Les Bacs effectués sont divers : nombreux sont ceux qui ont un Bac Lettres - Langues (31.7%), un Bac économique (23.7%) ou encore Scientifique (20,3%). Certains ont également un Bac Technique et Professionnel (12%).

Concernant les catégories socio-professionnelles, l’échantillon regroupe des enfants d’employés (23.1% ont des pères et 39.4% ont des mères employés). Certains d’entre eux ont des pères cadres (14.4%) et des mères enseignantes (13.9%).

Les parents des jeunes interrogés ont des niveaux de formation très divers mais plus du tiers dispose d’un niveau allant du BEPC au Bac (36% pour les mères et les pères). Moins du tiers des parents a un niveau inférieur au BEPC (27.9% des mères et des pères).

Parmi les 208 étudiants interrogés, 41 (20%) n’ont jamais travaillé, 54 (26%) travaillent pendant l’année et la majorité (113 soit 54,3%) travaille pendant les vacances.

IV - 2 - La variable indépendante : l’évaluation des petits boulots

Une analyse factorielle des correspondances (annexe 1) a été réalisée sur un ensemble de réponses à l’inventaire en 8 items à partir de la question « que pensez-vous des petits boulots que vous avez exercés ? ». Cette analyse a porté sur les 165 jeunes de l’échantillon qui ont déjà travaillé. Le 1er facteur « Evaluation » explique 25.4% de la variance et oppose sur le pôle positif, des variables exprimant une évaluation négative des expériences professionnelles associées à une estime de soi faible et au fait de travailler plutôt pendant les vacances. Sur un pôle négatif se rassemblent des variables témoignant d’une évaluation positive des petits boulots associées à une estime de soi forte et au fait d’avoir travaillé pendant l’année.

Le 2ème facteur « Intérêts » (18,7%) regroupe sur le pôle positif, des variables exprimant le fait que les petits boulots ont permis une certaine connaissance de l’entreprise. Sur le pôle négatif, les variables témoignent du fait que les petits boulots ont contribué à l’élaboration d’un projet.

Nous avons ensuite réalisé une typologie et dégagé les trois types suivants.

Les Proactifs (56 étudiants soit 33.9%) sont des jeunes qui jugent les petits boulots comme une expérience très positive qui leur a apporté beaucoup notamment sur le plan de l’acquisition de connaissances nouvelles et du développement du projet professionnel. Ces expériences sont perçues comme des moments agréables. Il s’agit par ailleurs de jeunes dotés d’une forte estime de soi, qui ont un projet, sont optimistes pour l’avenir et pensent que leur insertion sera facile. Ils ont plutôt des pères cadres et des mères au foyer.

Les Hésitants (67 personnes soit 40 .1%) sont des étudiants qui estiment d’une part, avoir acquis des connaissances concernant le monde du travail et passé des moments agréables grâce à ces activités de travail. D’autre part, ils jugent que ces activités ne leur ont pas permis de développer un projet et ont induit des interrogations sur leurs propres capacités à s’insérer. Par ailleurs, ils sont pessimistes concernant leur avenir professionnel et n’ont pas de projet. Ils sont issus de familles modestes ou peu diplômées.

Les Instrumentalistes (42 personnes soit 25.1%) sont des jeunes qui sont déçus de ces petits boulots. En effet, leurs expériences professionnelles ne sont pas perçues comme très bénéfiques et n’ont pas favorisé le développement de connaissances sur les milieux de travail. Les bénéfices de ces activités sont réduits à leur valeur instrumentale : gagner de l’argent. Ces jeunes ont soit des expériences intenses soit des expériences peu intenses de travail. Ils appartiennent à des familles dont les parents ont fait des études supérieures.

IV - 3 - Évaluation des petits boulots et représentations du travail

Selon nos hypothèses, on devrait observer chez ceux dont les évaluations sont les plus positives concernant les petits boulots, des représentations positives du travail.

Pour identifier les représentations du travail de notre population, nous avons réalisé une autre analyse factorielle des correspondances (annexe 2) à partir des réponses à un inventaire en 20 items. Sur le premier facteur « Les valeurs » (12.4% de la variance) on observe une opposition entre le pôle positif, où se projettent des valeurs traduisant un intérêt pour le travail, l’argent, la compétition, à d’autres, sur un pôle négatif, traduisant un certain rejet du travail , de l’argent, de la compétition. Le deuxième facteur « types d’intérêt pour le travail » (8.7%) oppose sur le pôle positif des variables traduisant une recherche de sécurité dans le travail à d’autres, sur un pôle négatif exprimant un intérêt prédominant pour l’argent. Une typologie a été réalisée ensuite nous permettant de dégager quatre types de représentations du travail.

Les humanistes (96 personnes soit 46.1%) correspondent à un groupe de jeunes rejetant le travail conventionnel, et plutôt prêts à s’investir dans des activités hors travail. Ils adhèrent à des valeurs plutôt humanistes : favorables au travail de groupe, opposés aux situations de compétition et à la hiérarchie. Ces jeunes sont issus de milieux plutôt diplômés et ont une formation secondaire en lettres et langues. 84% d’entre eux ont déjà travaillé.

Les prudents (21 personnes soit 10.1%) recherchent avant tout la sécurité de l’emploi et veulent travailler dans la fonction publique. Ils souhaitent également avoir un salaire élevé, rejettent la hiérarchie et la compétition interindividuelle. Ces jeunes sont issus de familles peu diplômées et sont souvent titulaires de Bacs techniques ou professionnels. Ils n’ont pas de projet professionnel précis et sont pessimistes concernant leur insertion. 77% d’entre eux ont déjà travaillé.

Les créatifs (44 personnes soit 21%) souhaitent travailler seuls et recherchent des situations professionnelles plutôt marginales, leur permettant d’exprimer leur créativité. Les garçons et les titulaires de Bacs scientifiques y sont sur représentés. L’estime de soi est faible et ils peuvent avoir un projet professionnel précis. 73% d’entre eux ont déjà travaillé.

Les ambitieux (47 personnes soit 22.6%) sont des étudiants qui espèrent trouver un emploi bien rémunéré. Ils sont favorables aux situations de compétition professionnelle, aux primes et au mérite. Ils prônent des valeurs plutôt individualistes. Ils apparaissent également à l’aise dans un cadre hiérarchisé. Ces jeunes appartiennent à un milieu plutôt modeste, travaillent surtout pendant leurs vacances et sont confiants concernant leur insertion. 83% d’entre eux ont déjà travaillé.

Cette analyse met en évidence l’existence de représentations complexes concernant le travail chez ces étudiants. Toutefois, même si on peut difficilement établir un classement unidimensionnel, il apparaît que ceux qui adhèrent le plus aux valeurs traditionnelles du travail sont plutôt « les ambitieux » et ceux qui y adhèrent le moins sont les « humanistes ».

Quand on observe la répartition des types « évaluations des petits boulots » parmi les types « représentations du travail », il n’apparaît pas de différences significatives (tableau 1). En analysant les pourcentages lignes, on ne peut pas affirmer que l’évaluation des petits boulots induise certains types de représentations du travail. On peut noter cependant les tendances suivantes :

Les « Instrumentalistes » sont particulièrement nombreux parmi les « Humanistes » (59%),
Les « Hésitants » sont sur-représentés parmi les « Prudents » (13%).
Les « Instrumentalistes » sont peu nombreux parmi les « Ambitieux » (14%) et sur-représentés dans le type « Humanistes » (59%).

Si les évaluations des petits boulots jouent, dans une certaine mesure, un rôle sur les représentations du travail, l’inverse paraît également vrai.

IV - 4 - Évaluation des petits boulots et représentations de soi

On s’attend à ce que les étudiants qui ont des opinions favorables des petits boulots soient plus nombreux parmi les étudiants dont l’estime est forte. En revanche, on s’attend à trouver de nombreux jeunes dont l’estime est faible parmi les « instrumentalistes ».

Il apparaît, si on observe les pourcentages lignes (tableau 2) que les étudiants du type « Proactifs » sont particulièrement nombreux parmi ceux qui ont une estime de soi élevée (40%). Les Instrumentalistes ont plutôt une estime moyenne (40,5%) ou faible (33,3%). Toutefois, les différences ne sont pas significatives.

Avoir bénéficié d’expériences de travail jugées positives est associé à des représentations plus favorables de soi.

IV - 5 - Évaluation des petits boulots et représentations de l’avenir

On s’attend à ce que les jeunes qui évaluent positivement leurs petits boulots soient plus positifs concernant leur insertion professionnelle et aient des projets professionnels plus aboutis. A la question « Comment voyez-vous votre insertion ? », on constate que les « Proactifs » sont plus nombreux à percevoir leur insertion comme facile (37,5%). Les instrumentalistes sont légèrement sur-représentés parmi les jeunes qui projettent une insertion difficile (79%). Là encore les différences ne sont pas significatives.

Pour ce qui est des projets professionnels (tableau 4), on observe que près des deux tiers des Proactifs ont construit des projets professionnels plutôt précis (62,5%). Les deux autres types se répartissent équitablement entre « projet précis » et « projet flou ou aucun projet ».

Il semble que les expériences positives de travail pourraient avoir un effet bénéfique sur les représentations de l’insertion professionnelle et sur la construction de projets professionnels.

IV - 6 - L’émergence de configurations identitaires

Nous avons voulu identifier enfin, la manière dont se combinaient ces différentes variables dans le cadre d’une dernière analyse factorielle des correspondances pour repérer des configurations de variables témoignant d’un rapport global au travail et de formes émergentes d’identités professionnelles. Cette analyse devait nous permettre de repérer plus clairement les effets conjugués des expériences de travail, des représentations de soi et des représentations du travail.

Elle comprend les variables actives suivantes :
- La typologie « Évaluation des petits boulots »
- La typologie « Représentations du travail »
- L’estime de soi

Les variables illustratives sont les représentations de l’insertion et les projets (le soi futur).

Nous présentons le premier plan factoriel de cette analyse avant d’exposer la typologie et précisons pour chaque item sa contribution à l’axe présenté.

Ce premier plan factoriel (concernant les deux premiers facteurs) est représenté sur le graphique 1 et souligne les associations suivantes :

Le premier facteur explique 13.8% de la variance et combine représentations du travail et évaluation des petits boulots.

Il oppose sur le pôle positif :
Le type Ambitieux (.163)
Estime de soi forte (.085)
Le type Hésitants (.071)

La variable illustrative associée : insertion facile

Sur le pôle négatif :
Le type Instrumentalistes (-.195)
Le type Humanistes (-.119)
Estime de soi moyenne (-.030)

La variable illustrative associée : insertion difficile

Ainsi, le premier facteur présente les caractéristiques suivantes :

Sur le pôle positif, le type Ambitieux, des expériences relativement appréciées (type Hésitants), une forte estime de soi, variables associées à une insertion perçue comme facile. Sur le pôle négatif, se rassemblent d’autres variables, le type Humanistes, des petits boulots peu appréciés (type Instrumentalistes), une estime de soi moyenne, associées à une insertion perçue comme difficile.

Ce premier facteur laisse donc apparaître les tendances suivantes : les Humanistes ont plutôt une évaluation négative des expériences professionnelles et les Ambitieux ont plutôt des expériences qu’ils jugent positives.

Le deuxième facteur explique 12.2% de la variance. Il présente les associations suivantes :

Il oppose sur le pôle positif :
Le type Prudents (.439)
Le type Hésitants (.122)
Estime de soi faible (.039)

Variable associée : projet flou ou aucun projet

Sur un pôle négatif:
Les Proactifs (-.138)
Estime de soi forte (-.058)

Variable associée : projet précis

Le deuxième facteur met au jour, sur le pôle positif, le type Prudents associé à une évaluation plutôt nuancée des petits boulots (Type Hésitants), une estime de soi faible, variables associées à des projets flous ou inexistants. Ces variables s’opposent, sur le pôle négatif, à d’autres selon lesquelles les jeunes ont beaucoup apprécié leurs expériences de petits boulots (Type Proactifs), ont une forte estime de soi et développent des projets précis.

Sur le graphique 1 suivant, nous avons représenté les variables se projetant sur le premier plan factoriel et tenté de repérer des configurations de variables.

V - Interprétation des résultats

Le tableau ci-dessous résume les tendances observées au cours de la dernière analyse factorielle.

La configuration 1 (partie inférieure droite du graphique 1) rassemble une partie des individus présents dans le type Ambitieux, témoignant des représentations positives du travail. Ils sont associés, pour ce qui est de l’évaluation des petits boulots à une partie du type «Proactifs » exprimant des conduites d’implication forte dans ces activités et un jugement positif. On rencontre également des représentations du soi actuel très positives (estime de soi forte) alliées à l’existence de projets précis.

La configuration 2 (partie centrale inférieure du graphique 1) réunit des variables exprimant des représentations plutôt négatives du travail : une partie du type Humanistes et une partie du type Créatifs. Ces variables sont associées à une variable reflétant une évaluation positive des petits boulots (type Proactifs). L’estime de soi est moyenne et on remarque la présence de projets professionnels précis.

La configuration 3 (partie supérieure du graphique 1) regroupe des individus essentiellement du type « Prudents » et une partie de ceux du type « Ambitieux ». On constate que ces variables sont associées à une évaluation nuancée des expériences professionnelles rencontrées (type Hésitants). L’estime de soi est faible et les projets professionnels peu précis.

La configuration 4 (partie gauche du graphique 1) allie des variables traduisant un certain retrait par rapport au travail (essentiellement type Humanistes) à des variables exprimant une évaluation négative des petits boulots exercés (type instrumentaliste). L’estime de soi est plutôt faible ou moyenne et les projets professionnels inexistants ou précis. L’insertion est plutôt perçue comme difficile.

Le tableau 7 suivant reflète l’interprétation que nous faisons de ces tendances en regard de notre hypothèse.

La configuration 1 témoigne, selon nous, d’une construction identitaire renforcée. On constate en effet, que les individus composant cette configuration ont des représentations du travail positive. Ils ont également connu des situations professionnelles formatrices. Les expériences favorables de petits boulots se sont associées à un ensemble de représentations positives de soi et du travail. Les projets professionnels sont confirmés.

La configuration 2 est marquée par une construction identitaire renouvelée. En effet, les représentations témoignent d’une valorisation de la vie hors travail et des activités créatives. Les petits boulots rencontrés ont constitué des expériences jugées enrichissantes. On constate également l’existence de projets professionnels assez bien définis. Les expériences professionnelles positives pourraient avoir redonné confiance à des jeunes incertains sur leurs capacités à trouver une insertion satisfaisante dans le monde du travail.

La configuration 3 exprime l’existence d’une construction identitaire incertaine. Les représentations du travail témoignent d’une recherche de sécurité dans le travail. Les expériences de petits boulots n’ont pas répondu aux attentes. Les individus correspondant à cette configuration sont incertains et leurs projets professionnels sont flous voire inexistants. Les expériences de petits boulots peu gratifiantes peuvent avoir contribué à générer incertitude et doutes sur soi.

La configuration 4 montre une configuration de variables que nous interprétons comme le signe d’une construction identitaire fragilisée. On constate que les représentations concernant le travail correspondent à une position de retrait par rapport à la vie professionnelle et à des attitudes négatives. Les étudiants ont rencontré des petits boulots qui ont eu tendance à confirmer leurs craintes. Ces activités professionnelles les ont déçus ou ont accru leurs incertitudes. On remarque également une absence de projet professionnel.

Concernant les représentations du soi actuel, elles sont concordantes avec les représentations de soi dans le futur : l’absence de projet professionnel est souvent associée à un niveau faible d’estime de soi. En revanche, l’existence de projet professionnel est liée à une estime de soi forte ou moyenne. L’estime de soi participe fortement à la manière dont les expériences de travail sont intégrées aux représentations de la trajectoire professionnelle future.

Les représentations guident également les choix d’emploi et fournissent une orientation globale aux prises de position dans le monde social : les représentations sont le vecteur clef des relations avec l’environnement.

Mais on constate également que les expériences réelles, les mises en situation de travail peuvent transformer les représentations, plus particulièrement les représentations du travail et les représentations de soi dans le futur. Elles peuvent constituer des opportunités utiles pour tester ses compétences, évaluer ses capacités à s’insérer dans le monde du travail, découvrir de nouveaux secteurs d’emploi ou métiers. Ces expériences peuvent également, conduire à des interrogations profondes sur des choix professionnels engagés.

Ainsi, notre hypothèse selon laquelle une expérience positive induit des représentations positives et des expériences négatives génèrent des représentations négatives n’est que partiellement confirmée. Elle se vérifie essentiellement dans les cas d’expériences professionnelles positives ou négatives (proactifs et instrumentalistes). Dans ces cas là, en effet, les représentations du travail, de soi et de l’avenir sont, dans une certaine mesure associées. On ne peut pas, toutefois, affirmer un rôle déterminant des expériences de travail seules. Ces expériences se combinent aux différentes représentations sociales clefs associées à la construction identitaire pour s’intégrer plus ou moins nettement dans les perspectives professionnelles futures.

Conclusion

Nous avons cherché à identifier l’effet des petits boulots sur la construction de l’identité professionnelle car il s’agit d’un phénomène majeur dans l’évolution des modes de vie étudiants. L’enquête quantitative auprès d’une population d’étudiants de première année de psychologie met en évidence une variété de représentations liées au travail. On constate donc que très tôt, les étudiants développent des orientations et intérêts variés pour le travail. Presque tous ont exercé des petits boulots et on a pu dégager trois types d’expériences à partir de l’évaluation qu’ils en font.

Les résultats mettent en évidence que les représentations et les expériences de travail s’influencent mutuellement et co-construisent l’identité professionnelle. Toutefois, il nous semblerait utile de compléter ce premier travail par une enquête qualitative qui permettrait de cerner comment les expériences de travail s’intègrent dans des trajectoires définies de manière plus précise. Une enquête par entretiens conduirait ainsi à approfondir les relations entre les variables de nos différentes configurations.

Par ailleurs, ces résultats nous semblent devoir interpeller les professionnels de l’orientation et de l’insertion. En effet, les pratiques dans ce champ sont traditionnellement centrées sur l’individu. Elles sont basées sur le diagnostic des aptitudes et des intérêts. Or il semble qu’une place plus importante devrait être accordée à l’analyse des expériences professionnelles pour aider à l’orientation des jeunes encore dans le système scolaire. S’intéresser aux expériences de petits boulots des étudiants permettrait de mieux cerner leur rapport au travail et de repérer les différentes formes d’insertion dans le monde professionnel.

auteure

Valérie Cohen-Scali est maître de conférences en psychologie sociale à l’Université de Paris 13 (IUT GEA). Ses travaux portent sur la socialisation et la construction de l’identité professionnelle des jeunes adultes et sur la transformation des identités sociales des professionnels de l’orientation et du travail social.
Courriel : v.cohen-scali@wanadoo.fr

Université Paris 13 - IUT GEA - 99 avenue Jean Baptiste Clément. 93430 Villetaneuse.

notes

  1. Selon l’enquête Génération 98 du CEREQ, on rencontre 17% de garçons dans la filière Psychologie.
  2. Nous avons privilégié ce type d’analyse qui permet de projeter des variables illustratives sur les axes factoriels.

abstract

Based on the fact that more and more students are working while studying, the aim of this paper is to draw some answers concerning one main question : what are the effects of working while studying on the perception of integration into the work world and, more generally, on the building of professional identity ? This question takes place within the frame of relationship between representations and experience. We have made a quantitative enquiry on a group of 208 fresh psychology students. Several multidimensional analyses and classes show these jobs can in some conditions, play a major role on the professional identity building.

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Annexe 1
Contribution au premier plan factoriel de l’analyse factorielle des correspondances
pour les variables concernant les représentations du travail

Premier facteur (12,4%)

Pôle positif

Forte motivation pour le travail (0.5)
Pour la hiérarchie (0.4)
Pour la compétition (0.6)
Pour travailler seul (0.5)
Pour les primes (0.3)
Intéressé par l’argent (0.4)
Contre le travail en équipe (0.8)
Contre le travail en groupe (0.8)

Variables illustratives :
- Garçons
- Bac Technologique ou Professionnel
- Jamais travaillé

Pôle négatif :

Faible motivation pour le travail (-0.3)
Pas intéressé par l’argent (-0 .7)
Contre la compétition (-0.4)
Ne cherche pas un gros salaire (-0.7)
Contre les primes (-0.6)

Les variables illustratives :
- Diplôme du travail social
- Projet précis

Le deuxième facteur (8,7% de la variance)

Pôle positif

Contre le travail en équipe (1.2)
Contre l’autorité (0.4)
Peu intéressé par l’argent (0.5)
Ne cherche pas un travail varié (0.6)
Ne cherche pas un gros salaire (0.4)
Recherche un emploi assurant une certaine sécurité (0.2)

Variables illustratives :
- Bac scientifique
- Bac technique et professionnel
- N’a jamais travaillé
- Insertion perçue difficile

Pôle négatif :

Ne cherche pas la sécurité de l’emploi (-0.5)
Cherche à gagner beaucoup d’argent (-0.3)
Favorable à l’autorité (-0.3)

Variable illustrative : - Insertion facile

Annexe 2
Contribution au premier plan factoriel de l’analyse factorielle des correspondances
pour les variables concernant les évaluations des petits boulots

Premier facteur (25,4%)

Sur le pôle positif

Ils m’ont dégoûté du monde du travail : oui (.13)
Ils m’ont seulement servi à gagner de l’argent : oui (.04)
Ils m’ont permis de mieux connaître ma personnalité : non (.06)
Ils m’ont fait douté de mes capacités à m’insérer : non (.14)

Les variables illustratives sont :
- Estime de soi faible
- Père ouvrier
- Ont travaillé pendant les vacances

Sur le pôle négatif :

Ils m’ont seulement servi à gagner de l’argent : oui (-.05)
Ils m’ont permis de mieux connaître ma personnalité : oui (-05)
Ils m’ont permis de mieux connaître le monde du travail : oui (-.12)
Ils m’ont permis de passer des moments agréables : oui (-.14)

Les variables illustratives sont :
- Estime de soi forte
- Pères cadres
- Ont travaillé pendant l’année

Le deuxième facteur (18,7%) oppose

Sur le pôle positif :

Ils m’ont seulement servi à gagner de l’argent : non (.13)
Ils m’ont permis de définir un projet : non (.16)
Ils m’ont montré le côté négatif des relations humaines (.10)
Ils m’ont fait douté de mes capacités à m’insérer (.14)

La variable illustrative est :
- Père cadre

Sur le pôle négatif :

Ils m’ont seulement servi à gagner de l’argent : oui (-.09)
Ils m’ont permis de définir un projet : oui (-.1)

Variables illustratives :
- Mère ouvrière
- Travaillent pendant les vacances

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